Faits divers – Justice

La demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage de nouveau examinée

Par Laurine Benjebria, France Bleu Orléans et France Bleu jeudi 27 octobre 2016 à 11:12

La demande de remise en liberté de Jacqueline Sauvage est examinée par la Cour d'appel de Paris ce jeudi
La demande de remise en liberté de Jacqueline Sauvage est examinée par la Cour d'appel de Paris ce jeudi © Maxppp - Philippe Renaud

Jacqueline Sauvage retrouvera-t-elle sa liberté ? La Cour d'appel de Paris examine ce jeudi la demande de remise en liberté de la sexagénaire. En 2012, elle avait tué son mari, après 47 de violences conjugales et avait été condamnée à dix ans de réclusion criminelle.

C'est peut-être la dernière étape d'un long épisode judiciaire pour Jacqueline Sauvage. Malgré la grâce partielle de Président François Hollande en janvier 2016, Jacqueline Sauvage est toujours détenue dans la prison de Réau en Seine-et-Marne. Mais la sexagénaire espère pouvoir retrouver sa liberté deux ans après sa condamnation pour le meurtre de son mari. Sa demande de liberté conditionnelle est examinée en huit clos ce jeudi par la cour d'appel de Paris.

La cour d'appel rendra sa décision le 24 novembre. Si sa demande de libération anticipée ne lui est pas accordée, Jacqueline Sauvage ne pourra pas sortir de prison avant 2018, grâce aux réductions des peines automatiques. Si sa demande est au contraire accordée, elle devra porter un bracelet électronique.

Condamnée à dix ans de réclusion criminelle

Violée et battue pendant 47 ans, Jacqueline Sauvage a tué son mari en 2012 pour mettre fin à son calvaire. En 2014 puis en appel en 2015, elle est reconnue coupable du meurtre de son mari et condamnée à dix ans de réclusion criminelle. Ses trois filles avaient pourtant témoigné contre leur père, affirmant avoir elles aussi été violées et battues.

Son histoire a ému toute la France et elle est vite érigée en symbole des femmes victimes de violences conjugales. Au cœur du débat : le concept de légitime défense. Tandis que l'avocat général avait refusé cette notion, estimant que "la légitime défense n'est absolument pas soutenable" lors du procès en appel. Les avocates de la sexagénaires du Loiret, Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta plaident pour un élargissement du concept de légitime défense afin qu'il soit appliqué aux situations de violences conjugales.

Une grâce présidentielle partielle

Le 31 janvier, François Hollande lui accorde finalement une grâce partielle, notamment de la période de sûreté. Le chef de l'Etat a exprimé son souhait de "rendre possible, dans les meilleurs délais, le retour de Madame Jacqueline Sauvage auprès de sa famille".

Mais à la surprise générale, la demande de liberté conditionnelle est rejetée en août par le tribunal d'application des peines de Melun. Les juges estiment alors que Jacqueline Sauvage ne peut pas "prétendre vivre à proximité des lieux des faits, dans un environnement qui, compte-tenu des soutiens dont elle bénéficie et de la médiatisation des faits risquerait de la maintenir dans une position victimaire". Après plusieurs hésitations, Jacqueline Sauvage décide le 21 août dernier de contester cette décision.

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