Faits divers – Justice

La famille d'une enseignante tuée au Guatemala en appelle à François Hollande

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon vendredi 4 avril 2014 à 11:52 Mis à jour le vendredi 4 avril 2014 à 15:09

La mère et la soeur de Florence Denèfle, avec leur avocat
La mère et la soeur de Florence Denèfle, avec leur avocat © Mathieu Ferri / Radio France

Florence Denèfle, une enseignante du lycée français de Guatemala-Ciudad a été retrouvée morte le 25 mars 2010. Son assassin présumé est connu, mais est introuvable, car certainement protégé par le gang auquel il appartenait. La famille demande à l'Etat français d'intervenir.

La famille de Florence Denèfle ne veut pas qu'on l'oublie. Il y a quatre ans, le 24 mars 2010, cette enseignante du lycée français de Guatemala Ciudad est enlevée. La jeune femme originaire d'Amélie-les-Bains est retrouvée morte le lendemain au bord d'une route, pieds nus, dans des vêtements qui ne sont pas à elle. Depuis quatre ans, l'enquête est bloquée, la famille se bat et demande au Président de la République François Hollande, d'intervenir.

Le tueur présumé fait partie du gang des Maras, un des plus violents du monde

Surtout que la police du Guatemala a clairement identifié l'assassin présumé de Florence Denèfle, et ce rapidement après la découverte du corps. Il s'agit de Cristian Martinez, un proche de Florence Denèfle, peut-être même son petit ami de l'époque. Seulement depuis quatre ans, l'homme est introuvable, et la famille avait bien du mal à comprendre pourquoi. Elle vient d'apprendre une information capitale : l'assassin présumé fait partie du gang des Maras, une mafia principalement impliquée dans les trafics de drogue, et particulièrement active en Amérique centrale et aux Etats-Unis. Un gang considéré comme un des plus dangereux du monde.

La famille, comme son avocat Etienne Nicolau, du barreau de Perpignan, est convaincue qu'il s'agit d'un crime crapuleux. L'homme aurait enlevé Florence Denèfle pour exiger une rançon ensuite. D'ailleurs le lycée français de Guatemala Ciudad a indiqué avoir reçu un coup de téléphone anonyme juste après la disparition. Un coup de fil pour menacer d'autres enlèvements parmi le personnel.

Si le tueur présumé reste introuvable depuis quatre ans, c'est certainement parce qu'il bénéficie de protection. Le gang a pu lui fournir des faux papiers et peut-être l'exfiltrer du Guatemala, vers le Mexique voisin ou peut-être même vers les Etats-Unis. Selon la famille, la police du Guatemala fait tout pour le retrouver, mais semble impuissante.

Flo Denefle SON

La famille de Florence Denèfle presse l'Etat français de réagir

La mère de Florence Denèfle n'a pas de critique à faire sur le travail de l'Ambassade de France au Guatemala. En revanche, à Paris, "tout le monde s'en fiche " dit-elle. Elle demande donc au Président de la République d'intervenir, et de rencontrer son homologue guatémaltèque. Elle lui demande aussi de proposer des moyens d'enquête français pour aider la police du Guatemala. Edwige Laigle-Denèfle se sent abandonnée par l'Etat français.

"La France nous doit bien ça" (Edwige Laigle-Denèfle, la mère de Florence Denèfle)

Elle rappelle aussi que sa fille était fonctionnaire, enseignante au lycée français, et que d'un certain côté elle représentait la France à l'étranger. Elle a donc du mal à comprendre l'immobilisme de Paris : "La France nous doit bien ça " soupire-t-elle. La famille n'a reçu que des courriers stéréotypés de la part des autorités françaises, et des rendez-vous avec de simples conseillers au ministère des affaires d'étrangères. Une famille qui se lance aujourd'hui dans une bataille médiatique pour exister. Une émission sur la violence au Guatemala sera d'ailleurs diffusée sur Canal+ le 28 mai prochain. Avec un reportage entièrement consacrée à l'assassinat de Florence Denèfle.

Edwige Laigle-Denèfle, invitée de France Bleu Roussillon