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Faits divers - Justice

Motard mort après son interpellation à Paris : l'autopsie révèle une asphyxie, la famille porte plainte

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Paris, France Bleu

Les résultats de l'autopsie ont été rendus ce mardi alors que les avocats de la famille de Cédric Chouviat, l'homme décédé des suites d'un malaise cardiaque lors de son interpellation par des policiers à Paris, tenaient une conférence de presse le matin même.

"On a assassiné mon fils" dénonce le père de la victime (deuxième à gauche).
"On a assassiné mon fils" dénonce le père de la victime (deuxième à gauche). © Radio France - Flavien Groyer

"On a assassiné mon fils", a dénoncé le père de Cédric Chouviat, ce mardi 8 janvier, lors d'une conférence de presse organisée par ses avocats, à Paris, dans les locaux de la Ligue des droits de l'homme. Arié Alimi et William Bourdon y ont dénoncé une "bavure policière" causée par des techniques d'interpellation "dangereuses et disproportionnées" et annoncé le dépôt d'une plainte. Cédric Chouviat, ce livreur en scooter de 42 ans, arrêté dans le cadre d'un contrôle routier, vendredi, a fait un malaise cardiaque lors de son interpellation près de la Tour Eiffel. Il est décédé dans la nuit de samedi à dimanche.

Cédric Chouviat n'avait pas de problème cardiaque, d'après la famille. "C'est un meurtre", a estimé Christian Chouviat, son père. "Je n'ai plus confiance en la police, je n'ai confiance qu'en mes avocats. Monsieur Macron je pars en guerre contre vous (…) Tant que mon cœur battra j'irai au combat, je ne veux plus que ces trois policiers dorment", a-t-il encore déclaré.

Le père, l'épouse et l'une des filles de la victime ont pris la parole lors de cette conférence de presse. - Radio France
Le père, l'épouse et l'une des filles de la victime ont pris la parole lors de cette conférence de presse. © Radio France - Flavien Groyer

Doria Chouviat, l'épouse de Cédric, a elle aussi pris la parole ce mardi matin. "Mon mari a peut-être commis une infraction" a-t-elle concédé. C'est "quelqu'un de gueulard, je reconnais qu'il a pu être insultant, pour autant il ne mérite pas ce qui lui est arrivé (…) _S'il a pris une vidéo c'est qu'il s'est passé quelque chose_", estime l'épouse. "Cette histoire ne doit pas être un prétexte pour que les policiers soient détestés", a-t-elle aussi souligné.

Des vidéos de la scène

Selon la police, Cédric se trouvait en effet au téléphone sur son scooter, il s'est montré "irrespectueux et agressif" et les policiers ont décidé de l'interpeller pour outrage. C'est là que l'homme a été victime d'un malaise cardiaque, les policiers expliquent l'avoir alors pris en charge avant d'appeler les secours. Emmené à l'hôpital, il est décédé ce dimanche.

Un scénario que les avocats, Arié Alimi et William Bourdon, contestent en partie, s'appuyant sur des vidéos de la scène récupérées après leur appel à témoins. On y voit notamment Cédric Chouviat, allongé au sol, sur le ventre, quelqu'un est positionné sur lui. "La préfecture de police n'a jamais évoqué ce plaquage ventral", d'après Arié Alimi, pour qui "la communication de la préfecture de police ne correspond pas à la réalité des faits". Ce plaquage ventral "est très dangereux", cette méthode "est interdite dans de nombreux pays", a notamment souligné maître Arié Alimi. Les images ne montrent pas le moment où ils tombent au sol mais "deux témoins indiquent qu'il a subi une clé d'étranglement", a déclaré l'avocat.

L'autre avocat de la famille, William Bourdon, a, lui, dénoncé la "culture de l'impunité ancrée dans la police" et une "américanisation des techniques d'interpellation". D'après lui, la technique est "inappropriée, on pouvait simplement lui passer les menottes". Il a estimé que "c'est une bavure policière" et demande qu'un juge d'instruction soit nommé au plus vite.

Les résultats de l'autopsie "soulèvent des questions légitimes" réagit Christophe Castaner

En attendant en tout cas, une information judiciaire a été ouverte, ce mercredi soir par le procureur de la République de Paris, pour "homicide involontaire" après que les résultats de l'autopsie aient été rendus. Ils révèlent que le a été victime d'une "asphyxie". C'est même une fracture du larynx qui a causé son malaise cardiaque selon les médecins. Mais ils relevent aussi chez cet homme de 42 ans, un "état antérieur cardiovasculaire" donc d'autres analyses médicales sont prévues précise encore le parquet. L'enquête de l'IGPN est toujours en cours et "des premières constatations, auditions et exploitations d’enregistrements vidéo ont d’ores et déjà été réalisées par les enquêteurs".

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