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Faits divers – Justice

La femme qui murmurait à l'oreille des morts

jeudi 1 novembre 2018 à 17:46 Par Théo Hetsch, France Bleu Auxerre

Si vous êtes allé vous recueillir sur la tombe d'un proche, peut-être vous êtes-vous dit : "il faudrait que je l'entretienne mieux". Et bien il y a un métier pour cela ! Sylvie Cachat est "nettoyeuse de sépulture". Ancienne ouvrière et horticultrice, elle s'est reconvertie et est épanouie.

"C'est pour une dame qui habite à 800km" explique Sylvie Cachat.
"C'est pour une dame qui habite à 800km" explique Sylvie Cachat. © Radio France - Théo Hetsch

Beaumont, France

Au milieu des tombes, Sylvie Cachat frotte le granit d'une pierre tombale. "Je brosse tout à la main pour enlever toute la mousse sans abîmer les tombes, explique-t-elle en reprenant son souffle, puis je frotte avec du savon noir". Mais le travail ne s'arrête pas là : "après, je passe un produit pour faire briller et faire glisser l'eau quand il pleut. Et enfin, je refais les fleurs et je remets tout en place".

C'est pour une dame qui habite à 800km"

Sous ses mains, la plaque, toute grise et aux inscriptions rouillée, retrouve son éclat et son beau gris marbré, quasi comme neuf. Sylvie replace les fleurs et les statuettes, avant d'envoyer une photo du résultat à sa cliente : "c'est pour une dame qui habite à 800km" explique-t-elle.

Le logo de l'entreprise de Sylvie Cachat, en hommage à son père, dont elle nettoie également la tombe régulièrement. - Radio France
Le logo de l'entreprise de Sylvie Cachat, en hommage à son père, dont elle nettoie également la tombe régulièrement. © Radio France - Théo Hetsch

Ses prestations varient fortement en fonction du travail demandé et de l'état des tombes. "Celle-là n'était pas très sale, donc j'ai demandé 60 euros, plus le prix des fleurs", détaille Sylvie Cachat. "Mais récemment, j'ai nettoyé une tombe à Saint-Cyr-les-Colons, une double tombe avec des lettres d'or à refaire, _là j'ai demandé 650 euros_, cela m'a demandé 20 heures de travail...".

Je redonne vie aux tombes et je reçois plein de messages de remerciement des familles"

Un travail fastidieux, mais bien plus plaisant que l'usine où elle trimait auparavant. Passer sa journée au cimetière est loin de la déprimer : "quand je nettoie, je dis au morts "je vous nettoie le ventre", ça me fait marrer. _Travailler dans un cimetière, ce n'est pas du tout déprimant_, je redonne vie aux tombes et cela fait plaisir aux familles, je reçois plein de messages de remerciement ensuite".

Alors Sylvie continue son combat contre la mousse, la rouille, les marques du temps. Un combat contre l'oubli, "le vrai linceul des morts" disait George Sand.