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Faits divers – Justice

La hausse du nombre de suicides de policiers et gendarmes émeut la Touraine

lundi 13 novembre 2017 à 20:40 Par Denis Guey, France Bleu Touraine

Depuis le début de l'année 2017, 62 policiers et gendarmes ont mis fin à leurs jours, pour le syndicat SGP Police 37, la cause essentielle réside dans la surcharge des missions. La préfète Corinne Orzechowski évoque les efforts faits pour accroître les moyens des policiers et gendarmes.

Le commissariat de Joué-les-Tours peu après l'agression de trois fonctionnaires le 20 décembre 2014
Le commissariat de Joué-les-Tours peu après l'agression de trois fonctionnaires le 20 décembre 2014 © Maxppp - Denis Guey

Indre-et-Loire, France

Les policiers et gendarmes tourangeaux ont été particulièrement émus par l'annonce du suicide de 62 de leurs collègues depuis janvier. Ces chiffres rendus publics par le ministère de l'intérieur ne cessent de faire réagir. En une semaine, huit membres des forces de l'ordre se sont donnés la mort et ce dimanche, l'ancien commissaire Antoine Boutonnet s'est suicidé dans les locaux de la direction générale de la gendarmerie.

Est-ce que cette vague de suicides est explicable ? En Touraine, la nouvelle préfète a réagi, de même que les syndicats de policiers. Hasard du calendrier, le jour de la publication de ces chiffres sur les suicides, Corinne Orzechowski rendait visite au commissariat de Joué-les-Tours, là où trois policiers avaient été agressés au couteau en 2014 par un homme seul. Ils avaient répliqué et tué d'un coup de feu Bertrand Nzohabonayo.

"C'est pour moi toujours douloureux de voir un fonctionnaire de police en difficulté quelle qu'en soit la raison, personnelle ou professionnelle" - Corinne Orzechowski, la préfète d'Indre et Loire

La préfète d’Indre-et-Loire s'est exprimée sur ces drames ; "personnellement, je suis très touchée par le nombre de ces suicides, d'autant que j'ai été chef du bureau social de la police, il y a quelques années, au moment où il y avait déjà recrudescence des suicides". Avant d'ajouter, "c'est pour moi toujours douloureux de voir un fonctionnaire de police en difficulté quelle qu'en soit la raison, personnelle ou professionnelle".

En Touraine, les derniers suicides remontent aux années 2007-2008, ils concernaient trois policiers du commissariat de Tours. Pour Thierry Pain, délégué du syndicat SGP Police, la situation d'aujourd'hui reste explosive, "le mal être de certains agents perdure. Aujourd'hui à Tours, on peut quantifier à quatre agents ceux qui sont vraiment en souffrance. Les services de la préfecture devraient mettre en place un plan d'urgence pour identifier ces personnes et ne pas attendre la bonne parole du directeur" .

Des efforts à poursuivre

A ces inquiétudes, la préfète répond que que ce n'est pas à elle d'expliquer ces suicides. En revanche, elle insiste sur les efforts qui sont faits par l'Etat pour donner plus de moyens à la police, l'Etat qui a déjà engagé de nouveaux moyens pour faire face à la surcharge des missions, "mais cela doit continuer" ajoute Corinne Orzekowski. Rappelons que l'Indre-et-Loire possède une structure d'accueil pour les policiers suicidaires ou traumatisés, le château du Courbat qui reçoit chaque année environ 300 policiers.