Faits divers – Justice

VIDEO | Une journaliste hongroise licenciée après avoir frappé des migrants

Par Samanta E. Eyoum, France Bleu mercredi 9 septembre 2015 à 16:58

un groupe de migrants à Röszke
un groupe de migrants à Röszke © Max PPP

Une journaliste hongroise a été filmée ce mardi en train de donner des coups de pied à des migrants qui couraient après avoir forcé un cordon de police à Röszke, dans le sud de la Hongrie. La journaliste a été licenciée par sa chaîne de télévision.

C'est près de la ville hongroise de Röszke, à la frontière de la Serbie que la scène s'est déroulée. Une employée de la chaîne de télévision en ligne N1TV a été filmée par des confrères en train de donner un coup de pied à un jeune homme, puis un second à fillette, pour enfin, faire croche-pied à un homme portant un enfant dans ses bras, le faisant chuter sur l'enfant. Le tout en continuant de filmer avec sa propre caméra.

Röszke est l'un des principaux points de passage des migrants qui tentent ensuite de rejoindre l'Autriche, puis l'Allemagne. Ce mardi 8 septembre, des centaines de migrants (pour la plupart originaires de Syrie) ont forcé un un barrage de la police hongroise, sous l'objectif de nombreuses caméras. Parmi eux, cette employée de la chaîne de télévision en ligne N1TV (proche du parti d'extrême-droite Jobbik). 

Tollé sur la Toile

Les images ont très vite fait le tour des réseaux sociaux, provoquant l'indignation générale des internautes. Un "mur de la honte" a même été érigé sur Facebook, afin de dénoncer son attitude. Face au scandale, le rédacteur en chef de la chaîne, Szabolcs  Kisberk, a publié un communiqué sur la page Facebook de N1TV : "Une collègue de N1TV s'est comportée aujourd'hui de manière inacceptable au point de rassemblement à Röszke. Le contrat de travail de l'opératrice a été résilié avec effet immédiat aujourd'hui, nous considérons l'affaire comme close ". Un communiqué a également été publié sur le site Internet de la chaîne, confirmant l'information. 

Ce qui ne semble pas avoir perturbée la journaliste en question, qui a posté sur son compte Facebook :

"Depuis hier, j'ai reçu plus de 1500 messages de haine. 90% d'entre eux viennent de musulmans supportant l'EL. C'est aussi très intéressant de voir qu'aucun de ces messages ne viennent de mon pays. J'ai tout un pays derrière moi. Merci la Hongrie ! HEIL". Le post a été supprimé quelques heures plus tard.