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"La justice a relâché un homme dangereux, c'est un scandale", la colère de parents après le viol de leur fille

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

Selon l'avocat de ce couple du Nord-Isère, l'homme mis en examen pour le viol de leur fille à l'automne 2020 avait bénéficié d'une libération conditionnelle en raison du contexte sanitaire. Il purgeait une peine notamment pour agression sexuelle. Le parquet de Lyon réfute cette version.

Delphine et Patrice les parents de la jeune femme, en compagnie de leur avocat Me Rajon (à droite)
Delphine et Patrice les parents de la jeune femme, en compagnie de leur avocat Me Rajon (à droite) © Radio France - Céline Loizeau

Ils ont la voix calme, posée, mais les parents de celle qui est désignée sous le prénom d'Anne-Lise se disent "très en colère". Ce mardi 13 avril, à Lyon, lors d'une conférence de presse organisée par leur avocat Me Fabien Rajon, ils ont fait savoir qu'ils vont saisir (en principe ce 14 avril) le tribunal judiciaire de Paris pour un contentieux en responsabilité contre l'institution judiciaire. Ils reprochent une faute lourde à l'Etat et dénoncent un scandale judiciaire : en l'occurrence la libération en raison du contexte sanitaire de l'homme mis en cause et détenu à Lyon-Corbas pour des faits, en partie, similaires.

"La justice a relâché un individu dangereux et notre fille en a subi les conséquences" - Delphine, mère de la victime

Pour comprendre, il faut remonter au 24 octobre dernier. Leur fille, âgée alors de 17 ans, est violée par un homme "qui l'a droguée et incitée à boire" selon Me Rajon. Il précise aussi que ce trentenaire lui mentionne son passé judiciaire, dit "qu'il est déjà passé à l'acte". En décembre 2018, le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu l'a condamné à 4 ans de prison ferme pour séquestration, violences et agression sexuelle sur sa compagne. 

D'après Me Rajon, pour cette peine, l'homme n'était libérable qu'à compter du 20 novembre 2021. Mais, selon le pénaliste lyonnais, le coronavirus et la volonté de désengorger les prisons pour éviter une propagation du virus sont passés par là. Le couple raconte que le gendarme qui prend la plainte évoque "une libération covid." "La justice a relâché un individu dangereux et notre fille en a subi les conséquences", explique Delphine, la maman.

Patrice, le papa, avoue ne pas comprendre comment cela à pu se produire alors que "la Garde des Sceaux notifiait bien qu'il y avait une exclusion sur les violences conjugales." Or, le trentenaire était incarcéré pour des violences sur une compagne "une femme massacrée" selon Me Rajon. 

"Notre fille pourrait ne plus être là", souligne Delphine, avançant "la carrure" du mis en cause (1 m 90 pour 130 kilos) ainsi que les menaces de mort proférées à l'encontre de la jeune fille. "Elle est forte, mais reste choquée. Elle ne comprend pas cette libération", selon son père.

Le risque de récidive était mentionné selon l'avocat des parents

Me Rajon indique que son action est motivée par le fait de ne "pas laisser cette affaire passer sous silence, de débusquer les dysfonctionnements." Selon lui, cette décision de libération s'est faite sans débat contradictoire et alors que l'homme "était reconnu comme présentant un risque de récidive non négligeable. Par ailleurs, c'est indiqué noir sur blanc dans la décision qui a été rendue et qui a ordonné sa libération, cet individu présentait un risque de passage à l'acte hétéro-agressif, autrement dit, un risque de viol et d'agression sexuelle", ajoute l'avocat. 

Le parquet de Lyon avance une autre lecture de ce dossier

Dans un communiqué transmis juste après la tenue de cette conférence de presse, le parquet de Lyon revient sur les conditions et le contexte qui ont amenés un juge d'application des peines à décider de cette libération conditionnelle : "la décision du juge de l'application des peines de Lyon n’est en aucun cas un jugement de remise en liberté automatique résultant de la situation de crise sanitaire, mais une décision de placement sous libération conditionnelle prise sur requête du condamné et après avis favorable du SPIP de Lyon, de l’administration pénitentiaire et du parquet de Lyon." Le parquet ajoute par ailleurs que "l'intéressé, libérable le 20 novembre 2021, se trouvait dans les conditions légales d’attribution d’une libération conditionnelle depuis le 6 janvier 2020."

Autre précision apportée par le parquet de Lyon : "dans le cadre de sa décision, le JAP relève que l’intéressé semble prendre conscience de la gravité des faits et du dommage causé à la victime, que l’expert psychiatre l’ayant examiné évoque un risque de récidive qualifié de «faible » et que le suivi psychologique initié en détention semble porter ses fruits."

"Le communiqué du parquet est parcellaire et inexact" - Me Rajon

Le jugement, que nous avons pu consulter, évoque bien "les conséquences d'une éventuelle propagation du virus au sein de l'établissement", mais aussi une "requête de l'intéressé reçue au greffe le 31 octobre 2019 aux fins de libération conditionnelle"

Ce jugement mentionne un "risque de récidive qualifié de faible à moyen selon les grilles utilisées" ainsi qu'"un risque de passage à l'acte hétéro-agressif". Pour Me Rajon, "ce communiqué du parquet est parcellaire et inexact."

L'homme suspecté du viol d'Anne-Lise a été mis en examen à Grenoble en novembre 2020 pour "viol sur mineur de plus de quinze ans" et "menaces de mort avec ordre de remplir une condition." Il est depuis de nouveau incarcéré à la prison de Lyon-Corbas.

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