Faits divers – Justice

La justice ordonne la fermeture d'une école musulmane à Toulouse

Par Vanessa Marguet, France Bleu Toulouse et France Bleu jeudi 15 décembre 2016 à 16:13

Le directeur de l'école Al-Badr Abdelfattah Rahhaoui a toujours dénoncé un complot islamophobe
Le directeur de l'école Al-Badr Abdelfattah Rahhaoui a toujours dénoncé un complot islamophobe © Radio France - Vanessa Marguet

L'école musulmane Al-Badr dans le quartier Bellefontaine va devoir fermer ses portes, 3 ans après son ouverture. Le tribunal correctionnel de Toulouse l'a ordonné ce jeudi et a condamné le directeur à une peine de prison avec sursis. En cause : la non-conformité des enseignements.

Une centaine d'élèves vont se retrouver "à la rue" dans le quartier Bellefontaire, à Toulouse. Le tribunal correctionnel de Toulouse a demandé ce jeudi la fermeture de l'école privée hors-contrat Al-Badr, située rue Paul Gauguin. Une école qui accueille une centaine d'élèves de la maternelle au CM2 depuis son ouverture en septembre 2013. Le directeur Abdelfattah Rahhaoui est condamné lui à une peine de 4 mois de prison avec sursis et à l'interdiction d'enseigner ou de diriger un établissement scolaire.

Cet homme de 43 ans était jugé pour avoir mis en place des enseignements non conformes aux exigences de l'Education Nationale dans son établissement et de ne pas avoir tenu compte des mises en demeure de l'Inspection académique de Haute-Garonne. Les différents contrôles de l'Education Nationale ont montré que les élèves ne faisaient pas assez de sciences et d'histoire-géo, mais avaient 7h d'arabe et de coran sur 26h hebdomadaires.

Mais de là à prononcer une fermeture sans délai, c'est "disproportionné" pour l'avocat de la défense Hidem Droua.

"Il y a un problème de personne entre Mr Rahhaoui et l'Inspection Académique, mais qu'on sanctionne les parents, on ne comprend pas" - maître Droua

Lors de l'audience le 17 novembre, le directeur de l'école Abelfattah Rahhaoui dénonçait "un complot islamophobe". Aujourd'hui, il souhaite faire appel de cette décision, un appel qui ne sera pas suspensif dans ce cas pour la fermeture de l'école. Il veut faire appel aussi des autres condamnations qui ont été prononcées ce jeudi.

Cet homme était aussi poursuivi pour une affaire de violences sur des élèves, une gifle sur une adolescente et un chaise jetée sur un autre élève. Il a été condamné pour ces faits à 2 mois de prison avec sursis et 500 euros de dommages et intérêts. Et le tribunal l'a condamné enfin à 3000 euros d'amende pour l'ouverture illégale de classes de collège dans un établissement qui avait l'autorisation d’accueillir uniquement des enfants de la maternelle au CM2.

Le rectorat ne souhaite pas s'exprimer pour l'instant dans cette affaire, mais confirme qu'il est très rare de voir une école fermer suite à une décision de justice.