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Faits divers – Justice

La ligne Oloron-Bedous fête son premier anniversaire

mercredi 26 juillet 2017 à 15:36 Par Axelle Labbé et Yannick Damont, France Bleu Béarn

Il y a un an, la ligne de train entre Oloron et Bedous était inaugurée. Nous sommes allés à la rencontre des voyageurs.

L'arrivée du train en gare de Bedous
L'arrivée du train en gare de Bedous © Radio France - Yannick Damont

Il y tout juste un an, le "petit train" recommençait à circuler en vallée d'Aspe, 35 ans après la fermeture de la ligne. Un chantier à 102 millions d'euros, entièrement financé par l'ancienne région Aquitaine.

La SNCF ne donne pas de chiffre de fréquentation

Difficile de savoir précisément combien de voyageurs empruntent cette ligne. La SNCF ne communique pas de chiffres, pourtant c'est la seule qui pourrait mettre un terme à la polémique récurrente sur la fréquentation de la ligne. La Région vient de dévoiler ses propres comptages, mais les chiffres sont partiels. Les relevés n'ont été faits que sur sept mois de l'année seulement, et encore tous les trains n'entrent pas dans les calculs.

Pour savoir combien de passagers utilisent la ligne Oloron-Bedous, il faut extrapoler. Si on prend les chiffres partiels de la Région depuis le début de l'année, ceux qui sont encore les plus complets on peut dire qu'environ 360 personnes montent chaque jour dans le train mais que 95 seulement font le trajet complet.

"Mieux vaut construire un mausolée, ça coûtera moins cher au contribuable - G. Manaut, président du CROC

Des chiffres contestés par l'association Contre la Réouverture d'Oloron-Canfranc. Le CROC avait lui aussi fait un comptage au mois de janvier. Georges Manaut, le responsable de l'association estime qu'il n'y a aujourd'hui, en plein mois de juillet, qu'une quarantaine de passagers par jour qui montent jusqu'à Bedous. Il assure avoir vu des rames vides cet hiver. "Ça me fait un pincement au cœur, raconte-t-il. J'étais à la halte de Bidos, en une semaine, j'ai constaté à deux reprises qu'il y avait zéro passager. Il y avait le conducteur, et la contrôleuse des billets. Zéro passager. En tant que contribuable, citoyen, ça fait mal. Bien sûr il y a des nostalgiques qui pensent qu'en ressuscitant le train ils vont ressusciter leurs aïeux qui l'ont utilisé et qui ont travaillé dessus. Mieux vaut construire un mausolée, ça coûtera moins cher au contribuable".

Le chantier pour prolonger la ligne jusqu'à Canfranc est estimé à 400 millions d'euros - Radio France
Le chantier pour prolonger la ligne jusqu'à Canfranc est estimé à 400 millions d'euros © Radio France - Yannick Damont

Un petit train touristique

Ce train est surtout devenu un petit train touristique, utile en période de vacances scolaires et le jeudi - jour de marché à Bedous. D'ailleurs en ce mois de juillet on voit surtout des VTTistes et des randonneurs descendre en gare de Bedous. Comme cette famille du Mans qui séjourne à Bidos : "ça passe vite, il y a des tunnels. On voit des paysages qu'on ne voit pas d'habitude, on voit les vautours, les montagnes" racontent Soizig et Zénaelle, qui prenaient le train pour la première fois. "C'est très pratique, super accessible, on a le pique-nique pour déjeuner au dessus de la colline" explique leur père, Olivier. "Et ça nous permet de ne pas utiliser la voiture" ajoute Sylvie, son épouse.

Un atout pour le village?

À Bedous, les commerçants restent partagés sur l'utilité de ce train. Lucie Gabriel tient le bar-café librairie L'Escala. Passé l'effet de curiosité du début, la ligne dit-elle n'a pas changé grand chose. Certes, elle le prend de temps en temps, mais le train ne lui apporte pas plus de clients : "Sauf le jeudi un petit peu avec le marché. Ça a beaucoup diminué, il n'y a pas beaucoup d'horaires et ce n'est pas très adapté. Ce ne sont pas forcément les heures d'embauche, donc plein de gens ne peuvent pas le prendre à cause de ça. Je trouve que c'est vite retombé"

Julien Leneveu tient l'épicerie dans cette même rue principale de Bedous lui voit un changement et un plus pour la vie des habitants. "L'été on voit très nettement la différence, dit-il, beaucoup de gens que je connais sont contents de prendre le train mais ne prenaient pas le bus auparavant. En général ce sont des personnes assez âgées qui n'ont pas forcément de voiture, qui aiment bien aller au cinéma à Oloron ou aller en ville à Pau. Ou même qui ont une maison secondaire ici à Bedous, une maison de famille. J'en connais qui habitent à Biarritz et qui viennent ici exclusivement en train, qui n'ont pas de voiture".

La mairie de Bedous a demandé à la SNCF un aménagement des horaires pour permettre aux habitants de la vallée d'Aspe d'emprunter le train pour aller travailler. Certains passagers se plaignent également des correspondances. Il faut parfois attendre une heure en gare de Pau à l'arrivée du TGV avant de pouvoir monter dans la vallée.

Il ne reste plus qu'à prolonger la liaison vers l'Espagne, jusqu'à Canfranc. Un chantier estimé à 400 millions d'euros, pour 32 kilomètres.

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