Faits divers – Justice

La Loi Macron sur les prud’hommes n’est pas souhaitable"

Par Thierry Campredon, France Bleu Belfort-Montbéliard lundi 18 janvier 2016 à 11:31

Philippe Monnier, président des Prud'hommes de Montbéliard
Philippe Monnier, président des Prud'hommes de Montbéliard © Radio France - Thierry Campredon

Philippe Monnier, le tout nouveau président du conseil des Prud'hommes de Montbéliard, n’est pas favorable à la Loi Macron qui prévoit de professionnaliser l’institution

Emmanuel Macron l’a annoncé, malgré la réticence des conseillers prud’homaux, la réforme des Prud’hommes se fera. Pour réduire les délais qui sont généralement très long  dans les litiges entre salariés et employeurs, le ministre de l’Economie prévoit l’entrée de magistrats professionnels dans les conseils des Prud’hommes. Un projet qui n’a aucun sens selon Philippe Monnier : "un magistrat professionnel qui sera avec nous ne fera pas plus de travail que quand il n’est pas avec nous surtout qu’à Montbéliard nous n’avons pas de problèmes de délais" fait remarquer Philippe Monnier "à l’heure actuelle, pour traiter une affaire, notre délais moyen est de dix mois alors que dans d’autres juridiction il est parfois de deux ans"

«Le statut particulier des Prud’hommes doit être préservé»

Contrairement à la justice pénale où les décisions sont rendues par des magistrats professionnels, la justice prud’homale est donc rendue par des collèges de salariés ou d’employeurs, un statut particulier qu’il faut absolument conservé insiste Philippe Monnier "la force des prud’hommes c’est que ceux qui se trouvent devant nous lors des litiges sont jugés par leurs pairs, nous sommes les seuls en Europe à fonctionner comme ça et nous considérons que nous avons toujours bien fonctionné" affirme Philippe Monnier.

« Le dialogue social fonctionne bien dans le Pays de Montbéliard »

Malgré un nombre de dossiers de litiges en hausse dans le Pays de Montbéliard, 305 en 2015 contre 261 en 2014, Philippe Monnier affirme que le dialogue fonctionne plutôt bien entre salariés et employeurs : _"cette hausse s’explique par le fait que dans deux ou trois affaires où il y a eu un certain nombre de salariés qui venaient de la même entreprise et comme la _prud’homie est une activité de litige individuelle, on est obligé de les comptabiliser un par un alors qu’en fait il s’agit de groupes de salariés, il faut donc relativiser cette hausse car selon moi, les relations entre salariés et employeurs se passent en bonne intelligence et les relations sociales sont plutôt bonnes".  

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