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La marche des sans-papiers fait halte dans l'Yonne

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Par , France Bleu Auxerre

Ils se sont donné un mois pour rejoindre Paris depuis les quatre coins de l'hexagone. Leur objectif ? Réclamer leur régularisation et un traitement digne. Des centaines de sans-papiers traversent en ce moment même la France. L'un des groupes traverse actuellement l'Yonne.

La marche des sans-papiers a débuté le 19 septembre, les différents groupes doivent se retrouver à Paris le 17 octobre prochain.
La marche des sans-papiers a débuté le 19 septembre, les différents groupes doivent se retrouver à Paris le 17 octobre prochain. © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Ils sont partis le 19 septembre des quatre coins de la France et ont pour objectif de se retrouver à Paris le 17 octobre prochain. Des centaines de sans-papiers ont décidé d'organiser une grande marche pour réclamer leur régularisation, plus de dignité et la fin des centres de rétention. L'un des groupes, parti de Marseille, est en ce moment même dans l'Yonne. Après une étape à Vézelay vendredi soir, une centaine de personnes a dormi ce samedi soir à Chichery avant de rejoindre Joigny ce dimanche. 

Une centaine de migrants est actuellement dans l'Yonne. Ils doivent rejoindre Paris le 17 octobre prochain.

Le coronavirus bouleverse le programme dans l'Yonne

A l'origine la marche devait faire halte à Auxerre où une manifestation était prévue entre la gare et la mairie avant de dormir chez des particuliers. Finalement, les collectifs de sans-papiers qui organisent la marche et les associations qui les aident sur le trajet ont dû modifier le programme après le signalement d'un cas de Covid-19 dans un autre groupe, à Maçon. Partie de Vézelay ce samedi matin, la centaine de personnes sans-papier a finalement pris la route direction Chichery au nord d'Auxerre où l'association du Puy d'Hiver leur a prêté un terrain pour camper.  

Le coronavirus a changé le programme de la centaine de migrants qui traverse actuellement l'Yonne.

Réaliser son "rêve français"

Dans le champs chacun s'active pour monter les tentes. De l'une d'elles sort Najeh. Cette Tunisienne est en France depuis trois ans avec son mari. Son rêve, son "rêve français" comme elle l'appelle, c'est d'être soignée pour pouvoir devenir maman. "C'est le premier but pour moi. Le médecin ici a accepté mon dossier. Elle m'a dit que je pouvais avoir des bébés mais le traitement ici est très cher" explique Najeh qui bénéficie de l'Aide Médicale de l'Etat qui ne prend pas en charge ce type de médicaments. " Je n'ai pas les moyens de me soigner ni prendre tout le traitement". Najeh ne veut pas renoncer à son rêve or pour le financer il faudrait travailler mais quand on est sans-papier "il n'y a pas de travail" ou simplement des petites heures à droite, à gauche.

Du travail au noir qui permet de survivre renchérit Ahmed. Cet Algérien est arrivé en France il y a 6 ans. Son rêve à lui c'est de pouvoir travailler, payer des impôts, s'installer et fonder une famille. Pour tout cela il faut être régularisé. "Des fois je travaille dans le bâtiment, dans la peinture. Parfois j'achète et je revends sur le Boncoin par exemple. Je n'ai pas du travail tous les jours mais je fais de mon mieux pour avoir un peu d'argent." C'est la demande principale de ces marcheurs. La régularisation leur permettrait de trouver plus facilement un emploi, d'être plus protégés, moins exploités aussi. 

La centaine de sans-papiers a passé la nuit à Chichery. Ils reprennent la route ce dimanche en direction de Joigny. - Delphine-Marion Boulle
La centaine de sans-papiers a passé la nuit à Chichery. Ils reprennent la route ce dimanche en direction de Joigny. - Delphine-Marion Boulle © Radio France - Delphine-Marion Boulle

Je pense que je ne suis pas un être humain - Zuberu, originaire du Ghana

Tout simplement, la régularisation permettrait aussi d'être reconnu dans la société, de s'intégrer et tout simplement d'être considéré. Zuberu vient du Ghana. Il a traversé la Libye, la Méditerranée puis l'Italie avant d'arriver en France. " Nous aimerions vivre en France comme des êtres humains, parce que on est exclu de la société. On dort dehors et nous n'avons ni droits ni toit. Parfois je vois des animaux qui ont un endroit ou dormir, qui ont un chez eux. Je pense que je ne suis pas un être humain". 

La solidarité est au rendez-vous

Ils savent surtout qu'ils sont animés du désir de rester en France - André Pacco, Réseau Soutien Migrants 89

Dans leur périple les marcheurs sont aidés par des associations d'un département à l'autre. Dans l'Yonne c'est notamment RSM89, Réseau Soutien Migrants qui organise l'aspect administratif et logistique sur les différentes étapes ( Vézelay, Chichery, Joigny). Pour André Pacco, l'un des membres de RSM89 cette marche est une démonstration de courage et de volonté : "C'est un grand bonheur de voir des gens sans-papier. Je répète : sans-papier. C'est à dire qu'à chaque instant ils peuvent être arrêtés, renvoyés dans leur pays ou dans un centre de rétention. Ils misent sur leur volonté d'être ensemble, de rester ensemble. Ils se lancent sans filet, parce qu'ils n'ont pas de filet. Ils savent qu'il y a une solidarité et ils comptent dessus. Ils savent surtout qu'ils sont animés du désir de rester en France".

Pour André Pacco de Réseau Soutien Migrants dans l'Yonne "c'est un grand bonheur" de voir marcher ces personnes sans-papiers.

Une solidarité qui est au rendez-vous non seulement par le prêt du terrain à Chichery mais aussi à travers une cagnotte lancée sur l'ensemble de la Bourgogne-Franche Comté. Au total 4000 euros ont été récoltés pour permettre d'offrir des repas mais aussi des trajets en bus ou en train pour faciliter la progression des marcheurs. I

ils devraient atteindre Paris le 17 octobre prochain où ils retrouveront d'autres groupes. Ensemble ils vont demander leur régularisation mais aussi des conditions de vie plus dignes et surtout la fin des centres de rétention.

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