Faits divers – Justice

La marque d'eau Cristaline condamnée pour avoir critiqué l'eau du robinet

France Bleu vendredi 17 avril 2015 à 16:35 Mis à jour le vendredi 17 avril 2015 à 17:55

Cristaline est un Groupement d'intérêts économiques qui réunit une vingtaine de sources naturelles
Cristaline est un Groupement d'intérêts économiques qui réunit une vingtaine de sources naturelles © MaxPPP

En 2007, une campagne de pub de l'eau Cristaline avait fait polémique : la qualité et le goût de l'eau du robinet y étaient critiqués. Suite à une plainte de la société Eau de Paris, les propriétaires de la marque ont été condamnés ce vendredi à une amende de 100.000 euros.

"Qui prétend que l'eau du robinet a toujours bon goût ne doit pas en boire souvent ! " : pour ce slogan, et d'autres publicités issues de la même campagne (dont l'une montrant une cuvette de toilettes et indiquant "je ne bois pas l'eau que j'utilise "), le groupement d'intérêt économique (GIE) Cristaline, et la société Neptune, qui gère cette eau de source, ont été condamnés à 100.000 euros d'amende vendredi par le tribunal correctionnel de Paris.

Publicité comparative illicite

La campagne dénigrant l'eau du robinet remontait à 2007 : elle avait été affichée à Paris et en Île-de-France. La société Eau de Paris, responsable de la gestion de l'eau dans la capitale, avait alors porté plainte , pour pratique commerciale trompeuse et publicité comparative illicite. 

Le tribunal correctionnel a finalement relaxé les accusés pour le chef d'accusation de pratique commerciale trompeuse, mais les a condamnés pour publicité comparative illicite . L'adjointe à la mairie de Paris et présidente de la régie Eau de Paris Célia Blauel a déploré "de manière générale que ces entreprises fassent du profit sur l'eau, un produit de première nécessité. Lorsqu'elles utilisent le mensonge et la caricature, il est normal qu'elles soient jugées et condamnées ". 

Dommages et intérêts

Le GIE et la société Neptune doivent donc payer 100.000 euros d'amende ; mais la société Roxane, qui exploite les sources, le patron de Cristaline Pierre Papaillaud et l'agence de publicité, Business, doivent chacun payer 20.000 euros d'amende. Le président de l'agence Business est quant à lui condamné à 5.000 euros d'amende. Et l'ensemble des prévenus devra verser 50.000 euros de dommages et intérêts à Eau de Paris , la même somme au Syndicat des eaux d'Île-de-France, et un euro symbolique à l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. 

Enfin, l'ensemble des condamnés doit publier un communiqué judiciaire faisant état de la condamnation dans plusieurs titres de presse.