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Dossier : Affaire "du bébé dans le coffre"

La mère du bébé retrouvé dans un coffre de voiture en Dordogne devant les Assises de Corrèze

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Limousin, France Bleu Périgord

La mère de la petite fille retrouvée dans le coffre d'une voiture en 2013 par un garagiste de Dordogne, est jugée à partir de ce lundi par la cour d'assises de Corrèze. Le bébé avait été caché pendant près de deux ans. Il souffrait de carences et de manque de soins au moment de sa découverte.

La mère de la petite fille retrouvée enfermée dans un coffre de voiture en Dordogne en 2013 comparait à partir de ce lundi devant les Assises de Corrèze
La mère de la petite fille retrouvée enfermée dans un coffre de voiture en Dordogne en 2013 comparait à partir de ce lundi devant les Assises de Corrèze © Maxppp - Eric Porte

Il y a cinq ans, l'histoire de cette petite fille de deux ans retrouvée enfermée dans un coffre de voiture à Terrasson en Dordogne, avait ému la France entière. A partir de ce lundi 12 novembre, la mère de Séréna, comparaît devant les Assises de la Corrèze à Tulle. Le bébé avait été caché depuis sa naissance par cette Corrézienne dans une pièce en travaux de sa maison puis dans le coffre de sa voiture. Elle avait dissimulé son existence à tout le monde, y compris à sa famille.

On a trouvé une petite fille déshydratée, baignant dans son urine. Il y avait une odeur de mort dans cette voiture” - Guillaume Iguacel, le garagiste

Le 25 octobre 2013, des employés du garage ETAP Auto à Terrasson découvrent l'enfant. La mère avait déposé sa voiture pour des réparations. Denis Latour y est commercial. C'est lui qui ouvre le coffre. Le bébé est nu, en sueur, il baigne dans son urine dans un couffin extrêmement sale. "J'ai ordonné à la maman de l'enlever" du coffre (...). "Donc elle l'a pris et là c'était comme une momie. La tête, les bras, les jambes... tout tombait (...) On s'est concertés avec mon collègue et on a appelé la gendarmerie".

On a été alertés par des gémissements, comme le bruit d’un chiot. On a trouvé une petite fille déshydratée, complètement dénudée, en train d’agoniser. Il y avait une odeur horrible, une odeur de mort dans cette voiture. Retrouver un enfant dans cet état là, c’est inimaginable”, témoignait alors le garagiste Guillaume Iguacel, le premier alerté, entendant des bruits à l'arrière du véhicule. Dans le coffre, des excréments et des larves de mouches sont découverts par les gendarmes. L’enfant a près de deux ans, elle souffre de malnutrition et de manque de soins. 

A titre personnel, il se souvient aujourd'hui d'un moment très difficile à vivre. "A l'époque, cela faisait trois ans que j'essayais d'avoir un enfant avec mon épouse, on avait fait une FIV et elle était enceinte de sept mois quand on a découvert la petite."

Guillaume Iguacel se souvient d'un moment très difficile à vivre

La propriétaire de la voiture, une habitante de Brignac-la-Plaine en Corrèze, avoue être la mère de l’enfant. Âgée de 45 ans, elle a accouché seule chez elle le 24 novembre 2011 dans le plus grand secret. Elle raconte comment elle a caché la naissance puis l'existence de sa fille Séréna à son mari et ses trois enfants. Le bébé était dissimulé alternativement dans une pièce du garage de la maison, puis dans le coffre de la voiture. L’enquête de voisinage confirme que sa grossesse est passée inaperçue. 

Des dénis de grossesses à répétition

Cette Corrézienne a trois autres enfants âgés de six à douze ans à l'époque. Elle a déjà connu plusieurs dénis de grossesse, un déni total pour son deuxième enfant et partiel pour le troisième. Pour Séréna, elle prend conscience qu’elle est enceinte au bout de huit mois seulement. Elle accouche seule et coupe elle-même le cordon ombilical. Le bébé n'a pas d'état-civil, mais la mère de famille lui choisit quand même un prénom, Séréna, en raison de son calme.La petite fille ne pleure jamais. Aux enquêteurs, elle raconte qu'elle a toujours eu le souci de maintenir l'enfant en vie, même si elle était consciente qu'elle ne lui offrait pas une vie normale. 

Interrogée à plusieurs reprises lors de l’instruction, elle admet qu’elle n’a ni nourri ni lavé sa fille régulièrement. Parfois, elle oubliait même de lui donner le biberon pendant une journée entière. Elle explique qu’elle a considéré son bébé comme "une chose" jusqu’à ses 18 mois. A ce moment-là, la fillette lui sourit et elle commence à lui parler et l’habiller. 

C'est dans cette maison de Brignac-la-Plaine que la petite fille a été cachée pendant deux ans
C'est dans cette maison de Brignac-la-Plaine que la petite fille a été cachée pendant deux ans © Radio France

La petite fille souffre d'autisme dû à son enfermement

Le 25 octobre 2013, le premier examen médical de la petite fille de deux ans confirme un état d’hygiène déplorable. Elle a plusieurs cicatrices, de nombreuses carences et un retard de croissance. L’enfant est incapable de tenir sa tête droite et n’arrive pas à se tenir assise. L’enquête fait l’objet de nombreuses expertises sur l’état de santé de Séréna. La dernière effectuée en mai 2016 révèle que la petite fille souffre d’autisme. “La sphère de communication et notamment de la communication verbale est gravement altérée. Le langage comporte des sons sommaires qui n’étaient pas adressés à autrui”, explique le Procureur de la République de Brive, Laurent Czernik. Les experts sont clairs : son autisme est dû à l’enfermement dans l’obscurité et l’absence de contact avec l’extérieur pendant les deux premières années de sa vie.

Les faits sont requalifiés en crime

Les faits sont donc requalifiés, passant de délit à crime. La mère de Séréna est jugée à partir de ce lundi 12 novembre par la cour d’assises de Corrèze à Tulle pour "violence suivie d’infirmité permanente sur un mineur de quinze ans par ascendant, privation de soins ou d’aliments compromettant la santé d’un mineur de quinze ans par ascendant et dissimulation ayant entraîné une atteinte à l’état civil de l’enfant." Pour ces faits, elle encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Le mari de l'accusée a toujours nié avoir connaissance de l'existence de sa fille, n'a jamais entendu de bruit suspect ni dans la maison ni dans la voiture. Il a bénéficié d'un non-lieu. 

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