Faits divers – Justice

La "Mère Teresa des HLM" toulonnais était en fait la reine de l'arnaque

Par Florent Le Saux et Sophie Glotin, France Bleu Provence et France Bleu mardi 8 novembre 2016 à 10:21

Immeubles à Toulon
Immeubles à Toulon © Maxppp - Maxppp

Une Toulonnaise de 37 ans est soupçonnée d'avoir escroqué au moins 20 familles de l'agglomération de Toulon. Elle demandait à ses victimes de l'argent liquide pour "réserver" un logement social... qui n'existait pas. Elle a été arrêtée vendredi et placée en détention aux Baumettes à Marseille.

Celle qu'on surnomme "la Mère Teresa des HLM" se montre très convaincante. C'est pour cela que les familles tombent dans le piège. Son discours est bien rôdé : cette maman de cinq enfants dit travailler pour un bailleur social. Elle présente à ses victimes les plans d'appartements soi-disant disponibles.

Plus étonnant : elle fait parfois visiter des logements à Toulon et dans son agglomération ! Le bouche-à-oreille fait sa réputation. Certaines familles descendent même de Paris pour la rencontrer.

Plusieurs milliers d'euros en liquide

Il faut dire que la Toulonnaise vend du rêve aux familles qui se tournent vers elle : une jolie maison avec un bout de terrain, un grand appartement...

Une condition (tout de même) pour accéder rapidement à ces logements sociaux : verser 625 euros minimum pour des frais de dossier "de réservation"... et jusqu'à plusieurs milliers d'euros pour certaines familles qui doivent également payer une caution et un mois de loyer en avance. Et en liquide s'il vous plaît !

Soudain, plus de nouvelles

Mais cet été, le rêve s'écroule pour des dizaines de personnes. Sans cesse relancée par ses "clients" qui ne voient rien venir, la Toulonnaise préfère prendre la fuite, son téléphone est sur messagerie, son compte Facebook est désactivé.

Les premières plaintes sont déposées, le parquet de Toulon ouvre une information judiciaire. Après trois mois de cavale, l'arnaqueuse présumée a été arrêtée vendredi 4 novembre à Marseille, mise en examen pour escroquerie aggravée et écrouée aux Baumettes.

L'enquête se poursuit. Il y a peut-être d'autres victimes et il faut déterminer d'éventuelles complicités.