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Faits divers – Justice

La piste agricole rebondit dans l’affaire Érignac

mercredi 11 avril 2018 à 9:10 Par Hélène Battini, Patrick Rossi et Didier Arnoux, France Bleu RCFM

Roger Marion l’ancien patron de la DNAT, a été placé sous statut de témoin assisté dans une procédure de dénonciation calomnieuse. Elle est liée à la découverte, en 1998, d'explosifs en plaine orientale. Roger Marion et ses hommes intervenaient dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du préfet.

Roger Marion lors du procès d'Yvan Colonna en 2007
Roger Marion lors du procès d'Yvan Colonna en 2007 © Maxppp - maxppp

Corse, France

La fameuse piste agricole exploitée après l'assassinat de Claude Érignac revient comme un boomerang dans la figure de celui qui était alors le patron de l'anti-terrorisme, aujourd'hui préfet honoraire. Roger Marion, 71 ans, a échappé de peu, le 21 mars dernier, à une mise en examen. L'intéressé rejette néanmoins les accusations qui le visent.  

Une affaire montée de toute pièce

L'affaire remonte au 15 septembre 1998. Faisant de la piste agricole une priorité, les hommes de Roger Marion, intervenant sur le domaine de Pinia, mettent la main sur des explosifs et des détonateurs. Gérard Serpentini et Mathieu Filidori, gérants du domaine, sont interpellés, mis en examen et placés en détention. Mais quelques mois plus tard, Serge Garracio, alors gardien du domaine, atteste avoir été contraint par la police de déposer des explosifs sur les lieux. Des propos que l'intéressé a formulé oralement aussi devant la cour d'assises lors du procès de l'assassinat du préfet Érignac. Les dires du gardien ont été également confirmés par l'un des policiers ayant participé aux opérations ce jour-là dans le secteur de Ghisonaccia. Confirmations mises en avant alors dans le livre Place Beauvau [Jean-Michel Decugis, Christophe Labbé, Olivia Recasens, 2006, Ed. Robert Laffont] où le policier indique qu'il savait où chercher les charges dissimulées. Une affaire montée de toutes pièces qui aura valu aux deux responsables du domaine de Pinia d'être maintenus en examen durant 18 ans, avant de bénéficier d'un non-lieu, c'était en juin 2016.

Les mis en cause d'hier avaient décidé de saisir la justice sur plusieurs fronts dont la dénonciation calomnieuse

Maître Emmanuel Mercinier-Pantalacci, avocat de Mathieu Filidori et Gérard Serpentini : « C’est une bataille remportée. Il y a trois fronts que nous avons engagé, il y a quatre ans lorsque j’ai été saisi par une dizaine de justiciables qui avaient été mis en examen et placés en détention provisoire. On a  obtenu un non-lieu intervenu 18 ans après la mise en examen, nous avons engagé la responsabilité de l’Etat qui a été condamné au mois de mars 2017 pour faute lourde, il a fait appel, nous plaiderons en septembre. Le troisième front, dans l’intérêt singulier de Mathieu Filidori et Gérard Serpentini, les propriétaires du domaine de Pinia, concerne les explosifs qui ont été déplacés à dessein par la DNAT dirigée à l’époque par Roger Marion  qui a ensuite feint de trouver ces explosifs le lendemain matin dans le cadre d’une perquisition menée en 5 minutes sur 900 hectares.

Ça pose un gros problème, il est trop tôt pour considérer que la culpabilité est jugée, nous avons déposé plainte il y a 4 ans, elle surgit aujourd’hui, deux magistrats instructeurs précédents n’étaient manifestement pas très pressés de l’instruire, un troisième a commencé, les parties civiles ont été entendues il y a quelques semaines et désormais le mis en cause a fait l’objet d’un interrogatoire de première comparution, sa mise en examen a été envisagée par le juge, elle n’a finalement pas été décidée, se pose un problème de pure procédure que la justice doit régler dans les prochaines semaines ou mois.

Je ne suis que le mandataire de deux justiciables qui espèrent que justice soit faite. Ils ont été mis en examen, sous contrôle judiciaire pendant 18 ans, en détention pendant de longs mois, prétendus liés à l’assassinat d’un préfet et parmi les éléments qui avaient été retenus à leur encontre figure de l’explosif, hors d’usage, placé par des policiers à leurs domiciles (dans un sac à l’enseigne d’une marque de grande distribution qui n’existait pas en Corse à l’époque, c’est dire le sérieux de la machination….) Ils attendent que la justice reconnaisse _la machination dans laquelle s’est de façon extrêmement grave compromise la direction nationale antiterroriste_, dirigée à l’époque par celui que tout le monde connait, et qui poursuivait là ses intérêts personnels et refusait d’admettre, aveuglé par l’égo notoire qui était le sien, qu’il ne tenait pas la bonne piste des assassins du préfet. »