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Faits divers – Justice

La Préfecture d'Indre-et-Loire tente d'inciter les victimes de violences conjugales à porter plainte

vendredi 26 janvier 2018 à 16:39 Par Boris Compain, France Bleu Touraine

1 650 plaintes ont été déposées en 2017 en Indre-et-Loire, suite à des violences conjugales. Ce chiffre, stable par rapport à l'année précédente, a été annoncé vendredi matin par la préfète, à l'occasion du renouvellement d'un dispositif qui vise à encourager les victimes à porter plainte.

Au-delà des 1650 plaintes déposées, il est impossible de connaitre le nombre précis de victimes de violences conjugales en Indre-et-Loire
Au-delà des 1650 plaintes déposées, il est impossible de connaitre le nombre précis de victimes de violences conjugales en Indre-et-Loire © Radio France - PHOTOPQR/LE TELEGRAMME

Indre-et-Loire, France

Depuis décembre 2013, en Indre-et-Loire, on tente d'appliquer le principe suivant : Toute violence déclarée doit faire l'objet d'une réponse pénale et sociale. Les femmes victimes de violences intra-familiales qui ont simplement déposée une main-courante sont systématiquement recontactées par téléphone, quelques jours après les faits. 

Proposer une réponse sociale, plutôt qu'une approche uniquement policière ou judiciaire

L'objectif est double :  déjà, montrer à la victime que la société s'intéresse à sa situation, sans attendre d'éventuelles suites pénales,  et lui proposer une réponse sociale à son problème. C'est la directrice de l'association France Victime 37, Marie-Paule Carrey-Le Bas, qui téléphone, quelques jours après les faits : "Depuis que la gendarmerie ou la police est intervenue, dans quelle situation êtes-vous? Est-ce que ça va mieux ou moins bien? Le fait d'appeler en décalé permet de tomber sur des moments où, peut-être, la victime est plus réceptive. Entre-temps, elle a aussi pu réfléchir à un départ. Dans ce cas-là, on l'oriente vers des partenaires avec qui nous sommes en réseau et qui peuvent proposer un hébergement d'urgence, ou un suivi médical"

"Appeler la victime quelques jours après les faits, c'est déjà la reconnaître comme victime, sans attendre d'éventuelles suites pénales". La directrice de France Victimes 37

L'année qui a suivi la mise en place du dispositif, 10% des femmes rappelées ont finalement porté plainte.

La justice peut aussi engager des poursuites sans qu'une plainte ne soit déposée, mais selon le procureur de Tours, Jean-Luc Beck, c'est beaucoup plus incertain : "La difficulté lorsqu'on n'a pas de véritable plainte, c'est l'hypothèse où des poursuites sont lancées, où l'audience a lieu quelques mois plus tard et le couple arrive bras dessus bras dessous en disant qu'il est réconcilié, et donc la justice n'avait pas à intervenir". 

"Le fait de déposer plainte montre qu'il y a une réelle volonté de se sortir de l'enfer du couple" estime le procureur de Tours. 

L'an dernier, la police est intervenue 1 274 fois pour des violences intra-familiales, en Indre-et-Loire : c'est 5% de plus que l'année précédente, mais il est impossible de savoir si le nombre de victimes, lui, a réellement augmenté. Beaucoup de violences conjugales restent ignorées de tous, sauf de la victime et de son bourreau.