Faits divers – Justice

La question des réfugiés divise le village de Fresne-Saint-Mamès

Par Christophe Beck, France Bleu Besançon vendredi 23 octobre 2015 à 14:47

Mairie de Fresne Saint Mamès
Mairie de Fresne Saint Mamès - Christophe Beck

Le maire de Fresne-Saint-Mamès en Haute-Saône, Jean Pierre Chausse, a proposé de mettre à disposition d'une famille de réfugiés syriens un appartement communal. L'idée a aussitôt suscité une forte opposition dans le village où une pétition a déjà recueilli 200 signatures contre cet accueil.

C'est la grande polémique qui agite la commune de Fresne-Saint-Mamès, 523 habitants, en Haute-Saône, depuis le début du mois. Dans le bar restaurant du centre de village, dans la rue, dans les cours des maisons, on ne parle que de ça : cette famille de réfugiés syriens que le maire se propose d'accueillir dans un F3 communal. Il a émis l'idée, mais le projet est loin d'être abouti.

Et pourtant les habitants se sont emparés de la question, souvent pour s'y opposer :"Qu'on s'occupe d'abord de nos miséreux avant de nous ouvrir au monde(...) On a entendu en Allemagne, ils font du dégât, on n'en veut pas chez nous". Des arguments parfois bien rudes.

Une pétition a été lancée par deux habitants. Elle a déjà recueilli la signature de plus de la moitié des habitants.

Jean Pierre Chausse, le maire se désole, de cette polémique. Il dénonce une manipulation politique puisque l'un des initiateurs de la pétition est un militant du parti de la France de Carl Lang.

Jean Claude Chausse, maire de Fresnes Saint Mamès - Aucun(e)
Jean Claude Chausse, maire de Fresnes Saint Mamès - Christophe Beck

"C'est la France qui renonce, dit le maire... et cette France-là, je n'en veux pas. Moi, je rêve d'une France qui accueille parce qu'on a quelque chose à apprendre aux gens et on a quelque chose à apprendre des gens".

Jean Pierre Chausse inscrira cette question de l'accueil d'une famille de réfugiés au prochain conseil municipal de la commune le 28 octobre prochain. Un conseil municipal acquis à la sa cause. Mais une population majoritairement opposée. 

Reportage à Fesne Saint Mamès