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Faits divers – Justice

La réaction en Haute-Savoie du père d'Alain Bertoncello : "Mon fils a réussi sa mission"

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Par , France Bleu Pays de Savoie, France Bleu

INTERVIEW - Après avoir appris vendredi le décès de son fils, le Haut-Savoyard Jean-Luc Bertoncello a bien voulu témoigner à France Bleu Pays de Savoie, avant les hommages nationaux qui lui seront rendus mardi aux Invalides, ainsi que Cédric de Pierrepont, l'autre militaire tué dans l'assaut.

Alain Bertoncello
Alain Bertoncello - Marine Nationale

Montagny-les-Lanches, France

Alain Bertoncello, militaire, 28 ans, originaire de Montagny-les-Lanches en Haute-Savoie, est mort dans la nuit de jeudi à vendredi au Burkina Faso lors d'une opération militaire pour libérer quatre otages, dont les deux Français enlevés le 1er mai dernier au Bénin. Alain Bertoncello faisait partie du commando Hubert, avec Cédric de Pierrepont, tué lui aussi dans l'opération nocturne. Le père du jeune homme qui a grandi dans la région d'Annecy a bien voulu nous dire quelques mots. 

Depuis l'annonce de la mort de votre fils, comment cela se passe-t-il pour vous ?

Jean-Luc Bertoncello : Je vous parle alors que je suis très fatigué. J'ai été très sollicité par les médias, je dois l'avouer. Et puis, il y a des gens qui attendent de savoir. Je pense à une jeune femme qui veut s'engager dans l'armée et pour qui Alain est un exemple. 

Alain a grandi à Annecy, en face du 27e BCA. Vous diriez qu'il était prédestiné ? 

Je ne sais pas. Mais la plongée, j'y suis pour quelque chose bien sûr, ses parents sont plus plongeurs que montagnards, je suis moniteur de plongée, on a amené Alain tout petit plonger les vacances d'été (Jean-Luc Bertoncello s'occupe du club de plongée du lac d'Annecy, ndlr). Il était imprégné de mer. Il a intégré à la préparation militaire marine. Son commando est le seul d'ailleurs où il y a des nageurs de combat.

C'était l'engagement de sa vie, l'armée ?

Quand il a commencé les commandos, oui, c'était parti. Il aimait l'ordre. Toujours carré dans sa façon de faire. Sa chambre était particulièrement bien rangée, il a toujours fait son lit tout seul. Ça ne l'empêchait pas d'être joyeux, d'aimer la vie. 

Son appartenance à ce commando d'élite, le plus spécialisé, avec seulement une centaine de membres... C'était une fierté pour vous ?

Le plus important, c'était qu'il se fasse plaisir. Nous avons trois enfants dont on est fiers parce qu'ils s'impliquent et se donnent à fond. Alain se donnait à fond et il a réussi. 

Il a réussi ?

Oui, il a réussi sa mission. Les quatre otages ont été libérés sains et saufs. Il était en tête de la colonne, avec son collègue. Il était devant. Ils ont été les premiers à tomber. C'est eux qui y sont restés, qui ont pris le choc. Mais les otages sont en vie. On peut quand même être fier de son fils, quoi.

"Alain a réussi sa mission. Je souhaite aux otages d'être heureux." - Jean-Luc Bertoncello 

Les otages sont rentrés. Ils ont eu un mot pour vous, pour les familles des soldats. Ils sont un peu décriés pour s'être rendus dans cette zone...

Je leur souhaite d'être heureux surtout. Le but était de les libérer pour qu'ils soient heureux après. Mon fils faisait partie d'un commando dédié à des missions spéciales, des missions fortes. Il y a très très peu de militaires formés pour cela. Ils ont fait ce qu'il fallait. 

L'hommage national qui sera rendu en début de semaine, vous y êtes sensible ?

Pour un militaire, c'est très important. Pour la vie de son commando aussi. Mon fils avait été très fier de participer au 14 juillet sur les Champs Elysées à Paris. Là, évidemment, c'est spécial, puisque c'est pour célébrer le fait qu'il n'est plus là. Mais c'est très important que les gens sachent qu'il y a des pompiers, des gendarmes, des militaires, des infirmières... qui sont prêts à sacrifier leur vie. Mon fils en faisait partie.

  • Samedi prochain, en matinée, avant une cérémonie dans la plus stricte intimité, le père d'Alain nous confie qu'il devrait y avoir une messe du souvenir dans le village natal, à Montagny-les-Lanches, en présence de ses frères d'armes, de son commando.