Faits divers – Justice

Le quartier de la Reine-Jeanne à Avignon, "cité des salafistes" pour Paris Match

Par Aurélie Lagain et Philippe Paupert, France Bleu Vaucluse mercredi 20 janvier 2016 à 10:45

Quartier de la Reine-Jeanne à Avignon
Quartier de la Reine-Jeanne à Avignon - Google Street View

L'hebdomadaire Paris Match consacre un reportage de quatre pages sur le quartier de la Reine-Jeanne à Avignon, intitulé "la cité des salafistes". Sur France Bleu Vaucluse, l'auteur de l'article explique sa démarche. Et la mairie s'offusque du reportage.

L'hebdomadaire Paris Match consacre un reportage de quatre pages sur le quartier avignonais de la Reine-Jeanne, intitulé "la cité des salafistes".

Le journaliste de Paris Match se met en scène pour critiquer le quartier et ses habitants :"Quand j'avance entre les immeubles lépreux" (c'est ainsi que Djaffer Ait Aoudia décrit la Reine-Jeanne, NdlR), je suis sidéré. C'est la cour des miracles islamistes. On est revenu quatorze siècles en arrière."

Le reporter compare le quartier avec ce qu'il était dix ans auparavant : le cabinet médical et le kiosque à journaux ont fermé, les salafistes se sont installés dans un garage-mosquée pour lancer leurs tentacules vers le quartier Saint-Jean voisin.

Djaffer Ait Aoudia affirme entendre des religieux dire qu'ils n'ont rien à voir avec les rites de l'Occident, mais leur ton change pour parler aux politiques ou à la police :

"Il n'y a pas de sensationnel, il suffit de sortir des remparts pour voir la réalité des quartiers, avec un islamisme. La majorité des quartiers populaires, difficiles, sont aujourd'hui pour la plupart gagnés par les salafistes. En partant de Monclar jusqu'à Montfavet, nous comptons dix mosquées avec sept mosquées dites salafistes." (Djaffer Ait Aoudia, auteur de l'article)

Le maire adjoint délégué aux quartiers nord Amine El Kathmi est sidéré par cet article. Il a relevé beaucoup d'erreurs et assure que depuis deux ans, la ville investit massivement pour rénover le quartier. Il se dit "surpris, pour ne pas dire scandalisé, par ce papier qui mêle un nombre assez impressionnant d’approximations, de contre-vérités" :

"Personne ne peut se reconnaître, pas celles et ceux qui connaissent bien ces quartiers nord d'Avignon et singulièrement celui de la Reine-Jeanne." (Amine El Kathmi, adjoint au maire d'Avignon)

Parmi les contre-vérités relevées par l'élu, le pharmacien du quartier cité comme faisant l'objet de pressions pour éteindre la croix verte de sa pharmacie la nuit. "C'est délirant, c'est faux. Je l'ai eu au téléphone, il m'a confirmé qu'il n'a jamais fait l'objet de pressions", explique Amine El Kathmi.

Reportage de Philippe Paupert

Le journaliste de Paris Match a déjà été critiqué pour son attitude lors d'un reportages sur la vente d'images des attentats de Paris en novembre dernier.

Djaffer Ait Aoudia assure qu'il peut prouver la présence de salafistes à Avignon avec d'autres vidéos, notamment celle de cours coraniques dans la salle municipale du château de Saint-Chamand : 

"J'en fais la démonstration en images dans la mesure où j'ai filmé des élèves qui disent "nous apprenons le Coran". Et tout cela se passe à l'intérieur d'une salle municipale." (Djaffer Ait Aoudia, auteur de l'article)

Le journaliste affirme aussi l'existence d'un tribunal islamique à Avignon.

Première page du reportage de l'héebdomadaire - Aucun(e)
Première page du reportage de l'héebdomadaire - Paris-Match

Partager sur :