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Dossier : La relance éco, France Bleu à l’heure du déconfinement

"La relance éco" : dure reprise pour les avocats de La Rochelle et Rochefort

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Par , France Bleu La Rochelle
La Rochelle, France

La relance éco s'intéresse à la reprise des tribunaux. Pour les avocats, qui ont enchaîné grève dure et Covid-19, c'est la fin de quatre mois d'inactivité. Les trésoreries des cabinets sont fragilisées, ce qui alimente une crise de vocation pour les 250 avocats du barreau de La Rochelle - Rochefort.

Cette semaine, l'activité a repris à un niveau quasi normal au palais de justice de La Rochelle. Mais pas question d'entrer sans convocation.
Cette semaine, l'activité a repris à un niveau quasi normal au palais de justice de La Rochelle. Mais pas question d'entrer sans convocation. © Radio France - Julien Fleury

La relance éco s'intéresse aux avocats, de retour en nombre dans les tribunaux. A La Rochelle, par exemple, l'activité est redevenue cette semaine quasi-normale. Les audiences ont repris un rythme de croisière, malgré des règles sanitaires très lourdes. Port du masque généralisé, jauge très stricte dans les salles d'audience, entrées au compte-goutte dans le palais de justice.

Cette reprise d'activité est partagée entre soulagement et angoisse pour les avocats, dont la trésorerie se trouve très fragilisée par quatre mois d'inactivité : l'année a débuté par une grève dure avant de se poursuivre par l'épidémie de Covid-19.

La jauge de la plus grande salle d'audience du tribunal de La Rochelle a été limitée à 10 personnes. La règle est draconienne pour prévenir le Covid-19.
La jauge de la plus grande salle d'audience du tribunal de La Rochelle a été limitée à 10 personnes. La règle est draconienne pour prévenir le Covid-19. © Radio France - Julien Fleury

"Ça fait plaisir de se revoir"

Sophie Vappereau-Arnoult papote avec une collègue à la sortie du palais de justice. L'avocate rochelaise semble heureuse de retrouver une vie sociale : "ça fait plaisir de se revoir, de se reparler. C'est un petit barreau, donc on se connaît tous !"

Une reprise pleine de doute pour Maitre Vappereau-Arnoult, après quatre mois pratiquement sans aucune activité. Ses problèmes financiers viennent saper une vocation déjà ébranlée par des années de réformes judiciaires sans moyens : "les charges sont importantes, ça on le dit depuis des décennies. Mais il y a aussi tout l'aspect administratif, qui est très lourd."

Justice express

L'avocate rochelaise se reconnaît de moins en moins dans la justice telle qu'elle est désormais rendue, de plus en plus rapidement : "on nous exclut de plus en plus de procédures, notamment pénales. C'est les fameuses ordonnances pénales, c'est les reconnaissances préalables de culpabilité" (ce qu'on appelle aussi plaider-coupable).

Ce n'est pas une belle justice, tout ça. Je ne me vois pas vieillir dans cette profession. Je ne me vois pas plaider à 70 ans.  - Sophie Vappereau-Arnoult, avocate à La Rochelle

Des raisons d'y croire

François Gombaud est le bâtonnier des avocats de La Rochelle et Rochefort. Lui veut croire à une reprise, avec des clients qui reviennent dans les cabinets et des audiences quasi-normales.
François Gombaud est le bâtonnier des avocats de La Rochelle et Rochefort. Lui veut croire à une reprise, avec des clients qui reviennent dans les cabinets et des audiences quasi-normales. © Radio France - Julien Fleury

A 66 ans, ne demandez pas à François Gombaud de raccrocher sa robe. Depuis quelques jours, le bâtonnier de La Rochelle et Rochefort s'habitue tant bien que mal aux mesures barrières. Pour le patron des avocats rochelais, la période qui s'ouvre porte aussi des raisons d'y croire : "je constate que l'activité reprend quand même, les avocats sont là" assure François Gombaud dans la salle des pas perdus, vide en cette fin de matinée.

Les clients ont retrouvé le chemin des cabinets. Les prises de rendez-vous recommencent, alors qu'on n'en avait pratiquement pas depuis deux mois. Il se passe des choses. - François Gombaud, bâtonnier des avocats rochelais

Pudeur

Difficile de faire parler les avocats de leurs soucis financiers. Grande pudeur, confirme François Gombaud, bien obligé de reconnaître les difficultés de ses confrères. Beaucoup de cabinets d'avocats, petits et gros, ont demandé l'aide de l'Etat. Emprunts garantis, reports de charges. De quoi donner un peu d'air, mais il faudra commencer à rembourser en fin d'année.

Et l'heure est donc aux économies, plaide Me Gombaud : "il faut courber l'échine tant que c'est dur. Et après, on va retrouver, j'espère, un régime normal, avec d'autres habitudes peut-être" sourit l'avocat qui a découvert sur le tard le télétravail : "je n'aurais jamais imaginé faire ce que j'ai fait pendant le confinement. Travailler dans mon bureau tout seul, sans voir personne, avec mon ordinateur que j'arrivais à peine à faire marcher..."

Du mobilier s'entasse dans une cage d'escalier. Conséquence des réorganisations en lien avec les règles d'hygiène strictes décidées par la juridiction.
Du mobilier s'entasse dans une cage d'escalier. Conséquence des réorganisations en lien avec les règles d'hygiène strictes décidées par la juridiction. © Radio France - Julien Fleury

Plus besoin de grands bureaux

Les temps changent, confirme l'avocat saintais Julien Papineau, de passage à La Rochelle pour une audience. Lui a prêté serment il y a un peu plus d'un an : "on n'est plus dans un modèle où on a besoin d'avoir des grands bureaux, bien placés, qui coûtent très cher, avec beaucoup de salariés."

Julien Papineau tente au contraire de travailler chez lui sur l'île d'Oléron, et "d'investir les réseaux sociaux, de passer chez mes clients." De quoi garantir un faible niveau de charges, et de passer sans trop d'encombres des coups durs comme cette crise sanitaire.

La salle des pas perdus sert plus que jamais à faire patienter les justiciables en attendant leur audience ou leur jugement. Mais les sièges sont rares.
La salle des pas perdus sert plus que jamais à faire patienter les justiciables en attendant leur audience ou leur jugement. Mais les sièges sont rares. © Radio France - Julien Fleury

Aide sociale

En cas de gros coup dur, les avocats ont encore une possibilité: bénéficier d'une aide sociale, fournie par leur CARPA, la caisse qui gère les fonds versés par leurs clients. Une enveloppe d'environ 120.000 euros pour La Rochelle et Rochefort. Plusieurs demandes ont déjà été faites, confirme le bâtonnier rochelais François Gombaud.

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