Faits divers – Justice

La théorie du genre devant le tribunal de Tours

Par Annabelle Wanecque, France Bleu Touraine jeudi 24 mars 2016 à 21:30

Farida Belghoul à l'arrivée de son procès à Tours
Farida Belghoul à l'arrivée de son procès à Tours - Annabelle Wanecque

La fameuse et fantasmée théorie du genre a occupé tous les débats ce jeudi au tribunal correctionnel de Tours. Deux femmes comparaissaient pour diffamation et complicité de diffamation envers une enseignante de l'école de la Blotterie à Joué les Tours.

L'affaire date d'il y a deux ans, on est dans l'entre deux tours des élections municipales. Dans une vidéo vue jusqu'ici près de 80 000 fois sur internet, deux femmes, membres du collectif radical JRE, "Journée du retrait de l'école", accusent à tort l'institutrice d'avoir organisé des attouchements entre élèves dans sa classe de maternelle, conséquence selon elles de l'application de la théorie du genre qui viserait à gommer les différences sexuelles entre les hommes et les femmes.

C'est Dalila Hassan, représentante locale de ce collectif, qui parle dans cette vidéo et qui a donc été poursuivie ce jeudi pour diffamation. Mais celle sur qui tous les projecteurs ont été braqués, c'est celle qui était derrière la caméra, Farida Belghoul, poursuivie elle pour complicité. Farida Belghoul, c'est la fondatrice du collectif des JRE, figure de l'extrême droite qu'on dit proche à l'époque des faits du polémiste Alain Soral.

Et c'est d'ailleurs une femme très sure d'elle qui s'est présenté hier à la barre du tribunal.

Compte-rendu d'audience d'Annabelle Wanecque

Aurélien Hamelle est l'un des avocats de l'institutrice. Il regrette que les débats se soient focalisés sur la théorie du genre, et pas sur la souffrance de sa cliente.

Maitre Aurélien Hamelle, avocat de l'institutrice

L'enseignante a déménagé et demandé sa mutation à la suite de cette affaire. Le maire de Joué les Tours, et patron du parti Les Républicains dans le département, Frédéric Augis a été appelé comme témoin par l'avocat de Farida Belghoul. Il est revenu sur un courrier qu'il avait envoyé à des mamans jocondiennes à l'époque, courrier dans lequel il se positionnait contre l'application de la théorie du genre à l'école.

Le procureur de la République a requis la condamnation des deux prévenues à des peines d'amende. Le jugement a été mis en délibéré au 19 mai.

Par ailleurs, des syndicats d'enseignants avaient appelé à un rassemblement de soutien à l'institutrice mise en cause juste avant le procès. Une soixantaine de personnes se sont ainsi réunis devant les marches du palais de justice.