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Faits divers – Justice

La tour des Tilleuls à Uckange va-t-elle être reconstruite ?

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Par , France Bleu Lorraine Nord

La question se pose théoriquement : la Cour de cassation a cassé le jugement actant la procédure de démolition de cet immeuble emblématique de la vallée de la Fensch. Le dossier repart à zéro ce lundi. Les anciens propriétaires, pour certains ruinés, réclament une meilleure indemnisation.

La tour des Tilleuls avant sa démolition en 2016
La tour des Tilleuls avant sa démolition en 2016 © Maxppp - Pierre Heckler

Uckange, France

On la voyait de loin avec ses 12 étages et 198 logements : la tour des Tilleuls à Uckange va-t-elle être reconstruite ? La question paraît absurde, mais la justice a retoqué la procédure de démolition de l'immeuble, qui s'était dégradé au fil des ans et qui était devenu un repère de dealers. Un incendie en 2011 l'avait partiellement endommagé, causant la mort d'un locataire. L'affaire repart à zéro ce lundi à Thionville devant le jugé des référés.  

La destruction contestée

Plusieurs anciens propriétaires contestent depuis 2010 la décision de détruire la tour (actée par le juge des référés de Thionville en 2010, confirmé en appel à Metz en 2013). La Cour de cassation, en 2015, a cassé l'ordonnance validant la procédure d'expropriation et de démolition, pour des questions d'ordre juridique. Cette décision de la haute juridiction a été validée en janvier dernier par la Cour d'appel de Nancy, qui renvoie donc le dossier à la case départ. 

Ces anciens propriétaires sont ruinés, ils demandent une juste indemnisation

Sauf qu'entre temps, la tour des Tilleuls a été rasée en 2016, remplacée par 42 pavillons en cours de construction.  Aujourd'hui, les anciens propriétaires ne réclament pas la reconstruction de l'immeuble mais des indemnisations plus justes, "à la hauteur du préjudice subi" explique l'avocat de quelques-uns d’entre eux, Me Joseph Roth. 

Avec une société civile immobilière, Bernard Stabile avait investi  près de 850.000 euros dans l'achat d'une vingtaine de logements de la tour des Tilleuls. Après la démolition de l'immeuble qu'il contestait, il peut prétendre à environ 600.000 euros d'indemnisation. Pas de quoi rentrer dans ses frais, comme les autres propriétaires. Ce Messin se dit aujourd'hui "ruiné, les banques sont après moi, je ne peux plus faire de crédit". 

Nous n'étions pas des marchands de sommeil

L'ancien propriétaire conteste vivement être un marchand de sommeil qui a loué des logements insalubres, contrairement à la réputation du bâtiment, rebaptisé la tour infernale : "C'est révoltant d'entendre ça, c'est nous qui payions à l'époque les factures de gaz et l'eau des locataires. Seuls quelques logements étaient dégradés, tous les autres étaient de beaux appartements de standing". 

La communauté d'agglomération du val de Fensch avait décidé après l'incendie de 2011 d'accélérer la procédure d'expropriation et de démolition de la tour des Tilleuls (appelée procédure de carence) car la collectivité craignait pour la sécurité du bâtiment et de ses occupants. Elle estimait que la copropriété, endettée à hauteur de 1 million d'euros, ne pouvait pas remettre l'immeuble aux normes, ce que contestent encore aujourd'hui les co-propriétaires.