Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Puy-de-Dôme : la viande de la discorde entre végans et bouchers

jeudi 27 septembre 2018 à 18:06 Par Pauline Josse, France Bleu Pays d'Auvergne

Les actes de vandalisme antispécistes contre les boucheries-charcuteries se multiplient partout en France. Selon la Fédération des Artisans Bouchers du Puy-de-Dôme, trois boucheries du département ont déjà subi des dégradations depuis le début de l'été.

En début d'année, la voiture de la boucherie Durif a été vandalisée à Clermont-Ferrand
En début d'année, la voiture de la boucherie Durif a été vandalisée à Clermont-Ferrand © Radio France - Eric Durif

Clermont-Ferrand, France

Voitures taguées, vitrines cassées, messages de haine affichés... les bouchers-charcutiers sont pris pour cible par des groupuscules antispécistes. Ce courant de pensée philosophique né dans les années 1970 revendique une égalité des espèces et remet en question la légitimité de l'homme à tuer les animaux pour se nourrir. 

La riposte s'organise

Avant l'été, les actes de vandalisme se sont multipliés partout en France, surtout dans le nord du pays et en région parisienne.  La confédération des bouchers-charcutiers avait même été reçue par le ministère de l'Intérieur dans la foulée pour réclamer une protection policière. Ce mercredi, agriculteurs, bouchers et charcutiers se sont réunis à Houdan, devant le dernier abattoir d'Île-de-France, pour défendre "la liberté de manger de la viande".  

Une liberté précieuse pour Gaby Gauthier, installé depuis 25 ans rue de la Boucherie à Clermont-Ferrand. Il érige cette liberté au même niveau que celle d'être végan : " C'est tout à fait respectable de faire le choix de ne pas manger de viande, mais il faut laisser vivre ceux qui ne font pas ce choix. Sinon c'est la dictature !" Le boucher dénonce aussi les limites de l'argumentaire des militants antispécistes : " Tout le monde, le ventre bien plein, peut prétendre qu'il faut arrêter de manger de la viande. C'est très facile. Tenir ce discours à des gens qui vivent dans la misère en leur affirmant qu'ils ne doivent plus manger les protéines qu'ils ont sous la main, c'est autre chose"

Des terrains d'entente

Eric Durif tient une boucherie familiale rue Saint Gênes à Clermont. En début d'année, sa voiture a été taguée en lettres rouges " VIANDE = MEURTRE" : " Je l'ai vécu comme une véritable agression".  Selon lui, ces actions sont loin d'être représentatives de la mouvance végan mais plutôt le fait "d'une sorte de secte ". En effet, certaines des questions posées par le véganisme interpellent le boucher clermontois, surtout celles liées à l'industrialisation du commerce de la viande. "Moi je ne travaille qu'avec des petits producteurs très proches de leurs animaux et qui les respectent." Les agriculteurs avec lesquels le boucher a l'habitude de travailler se considèrent tout aussi sensibles au problème de la souffrance animale que les militants vegans.