Faits divers – Justice

La vive inquiétude des parents d'élèves malades du collège Gustave Violet de Prades

Par Suzanne Shojaei, France Bleu Roussillon vendredi 6 octobre 2017 à 18:04

Au moins une trentaine d'élèves du collège sont allés à l'hôpital pour les mêmes symptômes.
Au moins une trentaine d'élèves du collège sont allés à l'hôpital pour les mêmes symptômes. © Radio France - Suzanne Shojaei

Selon les analyses des pompiers, la vague de malaises ce jeudi n'est pas due à une intoxication au monoxyde de carbone. L'établissement serait sain, selon les autorités. Pourtant, les symptômes chez les enfants sont bien les mêmes. Certains restent hospitalisés en cette fin de semaine.

Le mystère reste entier. Que s'est-il passé ce jeudi au collège Gustave Violet de Prades ? Selon les derniers éléments communiqués par les autorités, les examens de l'air menés par les pompiers jeudi soir et vendredi matin n'ont rien donné. La trentaine d'enfants transportés à l'hôpital pour maux de tête, maux de ventre et malaises, n'aurait pas subi d'intoxication au monoxyde de carbone.

Pour les autorités, les choses reviennent dans l'ordre...

L'eau et la nourriture sont toujours en cours d'analyse. La préfecture devrait recevoir les résultats la semaine prochaine. Et la préfecture assure que les enfants vont bien. "L'état des élèves ne présente aucune inquiétude", assure le sous-préfet de Prades, Laurent Alaton. "Ils sont en bonne santé. Nous sommes dans un groupe d'adolescents, avec leur fragilité et parfois même un certain mimétisme. Donc c'est possible qu'il n'y ait jamais d'explication."

"Nous attendons tous les enfants lundi matin au collège." - Laurent Alaton, sous-préfet de Prades

Même discours à l'Agence régionale de santé. Le médecin Olivier Glass précise que les examens des enfants n'étaient pas alarmants. "Les taux étaient presque normaux, donc l'hypothèse de l'intoxication au monoxyde de carbone n'est pas retenue. Tout est rentré dans l'ordre et mes confrères n'ont pas l'air très inquiets." Les pompiers continuent la surveillance des locaux dans les prochains jours. Et le collège n'a pas fermé ses portes depuis jeudi.

La colère des parents d'élèves malades

Ces annonces mettent les parents d'élèves en rogne. Ambre, 13 ans, est la première élève à faire un malaise, jeudi après-midi. Elle est restée dans le coma pendant de longues minutes. Aujourd'hui, l'adolescente se trouve toujours au service pédiatrie de l'hôpital de Perpignan, avec deux membres paralysés.

"Elle ne peut plus se servir de sa jambe droite, ni de son bras gauche", raconte sa mère, Alexandra. "Et personne ne peut dire si elle retrouvera l'usage de ces membres. Les médecins m'ont bien dit que c'était une intoxication au monoxyde de carbone."

"L'état de ma fille n'est pas anodin." - Alexandra, mère d'Ambre, 13 ans.

Ce vendredi, environ 200 élèves ne sont pas allés au collège. C'est près d'un tiers de l'effectif total de l'établissement. "Moi non plus, je n'ai pas emmené mon fils, également scolarisé dans ce collège", ajoute Alexandra. "Je ne veux pas qu'il se retrouve dans le même état que sa soeur. Jeudi, j'ai cru que ma fille était en train de mourir. Je n'en ai pas dormi de la nuit."

"Les enfants vont mal !" - Laetitia, mère d'élève

Parmi les malades, il y a Elodie, 13 ans. Après une nuit passée à l'hôpital, la jeune fille vient de rentrer chez elle. Mais sa mère, Laetitia, sait que ça ne va toujours pas. "Elle est couchée avec des maux de tête, des vertiges. Je me demande si je ne vais pas la ramener à la clinique. Les enfants vont mal, ils souffrent d'intoxication au monoxyde de carbone, c'était écrit sur le certificat médical des médecins à la sortie de l'hôpital !"

Les deux mères d'élèves veulent mener cette affaire en justice. "Ils ont fait une erreur, maintenant il faut qu'ils l'assument."