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Faits divers – Justice

Labenne : le patron désamiante tout seul le reste du chantier

lundi 18 décembre 2017 à 20:05 - Mis à jour le mardi 19 décembre 2017 à 8:07 Par Faustine Mauerhan, France Bleu Gascogne et France Bleu

Un petit patron a été condamné pour un désamiantage sauvage ce lundi par le tribunal de Dax. Sans prévenir personne, ce maçon, étranglé financièrement, a fini de démolir une partie d'un vieux centre commercial plein d'amiante à Labenne en 2016.

Photo d'illustration - désamiantage.
Photo d'illustration - désamiantage. © Maxppp -

Labenne, France

On connaissait le patron voyou, d'après son avocat, celui-là, est un "patron chevalier". Un maçon était jugé par le tribunal de Dax ce lundi après-midi pour le désamiantage sauvage d'un ancien centre commercial de Labenne en 2016. Coincé financièrement par un chantier trop en retard, il a fini de désamianter tout seul un des bâtiments en démolition, sans autorisation et sans plan de sécurisation. Finalement le tribunal l'a relaxé pour les faits de mise en danger de la vie d'autrui. 

Nécessité fait loi ?

C’est que ce patron, il l’explique à la barre, était pris à la gorge et n’avait d’autre choix que de remonter ses manches. Le chantier était en retard, la société sous-traitante chargée de désamianter donnait la priorité à d’autres projets. "J'avais 500.000€ d’impayés et 45 salariés à payer, tout le monde me sautait dessus, il fallait que ça avance. Mais j’ai fait ça un week-end, quand il n’y avait personne sur le chantier", se défend le prévenu.

Une mise en danger de la vie d’autrui pour la Direccte 

Peu importe, pour la Direccte, Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, qui intervient sur le chantier, le cas est grave. Le patron d’abord se met en danger lui, mais surtout la pollution autour. "Aucune règle de sécurité de base n’a été respectées et notamment concernant les poussières d’amiante, explique à la barre l’inspecteur du travail en charge de l’enquête à l’époque. Le protocole avec l’amiante est très stricte parce que la matière est très dangereuse et volatile or il y a une station-service et un supermarché à proximité du chantier. La population autour a donc pu être touchée."

Il faut arrêter avec le fantasme de l’amiante »

Une qualification de mise en danger de la vie d’autrui qui agace pourtant maître Gonthier, l’avocat du prévenu. "On n’a pas affaire à Jojo la bricole, mon client est quelqu’un qui connaît la matière, qui sait ce qu’il fait, d’ailleurs à l’époque des faits son entreprise était en cours de certification pour le désamiantage.  Il a utilisé les bons produits, il s’est débarrassé des déchets au bon endroit et compte tenu de toutes les précautions qu’il a pris, les analyses réalisées sur plusieurs jours après les faits le prouvent, il n’y a eu aucune pollution de l’air, aucune dissémination des poussières d’amiante par la suite."

Relaxé pour cette qualification de mise en danger de la vie d’autrui, le prévenu a quand même été condamné à une amende de 4.500€ pour le désamiantage sauvage.