Faits divers – Justice

Laboratoire de Villejuif : les deux suspects voulaient commettre un attentat

Par Edouard Marguier, France Bleu Paris et France Bleu dimanche 10 septembre 2017 à 19:59 Mis à jour le dimanche 10 septembre 2017 à 20:44

Périmètre de sécurité autour de l'immeuble de Villejuif. Archive.
Périmètre de sécurité autour de l'immeuble de Villejuif. Archive. © AFP

Le procureur de Paris, François Molins, a tenu une conférence de presse ce dimanche.

"Cette nouvelle affaire illustre la réalité et la persistance durable de la menace terroriste, représentée en France par les sympathisants de Daech qui sont restés dans notre pays", a déclaré le procureur de la République de Paris, François Molins, lors d'une conférence de presse ce dimanche après les faits survenus à Villejuif le 6 septembre dernier.

Il a souligné la perspicacité des deux artisans, "qui par leur réactivité exceptionnelle ont favorisé la découverte d'un laboratoire clandestin au sein duquel des individus s'attachaient à confectionner des explosifs en grande quantité." Ces "deux artisans ont remarqué sur la terrasse de l’unique studio située au 3e étage de ce bâtiment une bâche bleue de 3m sur 3m sous laquelle régnait un grand désordre et dans laquelle se trouvaient de nombreuses bouteilles contenant des produits toxiques. Sur une table de camping, ils ont vu un saladier contenant une pâte blanchâtre et à côté des seringues et une balance, ainsi que des feuillets portant des inscriptions en langue arabe. A l'intérieur de l'appartement, vide de ses occupants, ils ont aperçus des composants électriques. Conscients de la dangerosité de leur découverte, ils ont immédiatement avisé les services de police."

Attentat

Selon une première estimation, les substances découvertes auraient pu permettre de réaliser "entre 3 et 4 kilos de TATP."

Les enquêteurs ont par ailleurs appréhendé des éléments nécessaires à la préparation d'une chaîne pyrotechnique, puisqu'ils ont découvert un réveil bricolé avec des fils, des piles électriques, de seringues en plastique, des têtes d'allumettes en cours de grattage et des ampoules de guirlande de noël.

Les enquêteurs ont saisi un poème en langue arabe, "Dieu est grand".

Les clés USB découvertes contenaient des "vidéos tournées sur cette même terrasse et comportant des séquences mettant en scène des essais d'explosions. L'exploration d'ordinateur a permis la trace de consultation internet de type chimie, explosif ou encore Etat islamique, ainsi que des jeux vidéo de simulation de conduite de poids lourds."

Dans le véhicule des suspects, ont été trouvé une bouteille d'eau oxygénée et un pilon. "L'étude de la téléphonie d'Ali M.R. a mis en évidence des contacts réguliers avec une ligne téléphonique d'un certain Frédéric L. domicilié au Kremlin-Bicêtre et qui fait l'objet d'une fiche S du fait de son appartenance à la mouvance islamiste radicale." Frédéric L. a été interpellé à son domicile où les enquêteurs ont saisi "4 clés USB, 3 disques durs, 2 PC portable, 6 téléphones portables, 2 cartes SIM, un appareil photo à mémoire". L'exploitation de ces matériels numériques a mis en évidence la présence de photographies de Kalachnikov, de munitions, d'armes démontées, une photographie de son fils de 9 ans portant une réplique de fusil d'assaut et des vidéos de propagande de l'Etat islamique en nombre important. L'analyse du compte Telegram a confirmé qu'il suivait de nombreuses chaînes de discussion pro Etat islamique.

Le box loué par Ali M.R à Thiais, dans le Val-de-Marne, contenait de nombreux éléments : acétone, acide sulfurique, bonbonnes de gaz, plaque minéralogique allemande. Les vidéos de surveillance "a mis en évidence la présence de Ali M.R et de Frédéric L., le 7 août 2017."