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Faits divers – Justice DOSSIER : Lactalis : du lait infantile contaminé par la salmonelle

Affaire Lactalis : l'État est "responsable" et "complice", il "a manqué à son devoir de garantie de sécurité sanitaire"

mercredi 18 avril 2018 à 11:50 Par Charlotte Coutard, France Bleu Mayenne

La directrice départementale adjointe de la DDCSPP de la Mayenne était entendue ce mardi, dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Lactalis. Selon elle, les services de l'État ne cherchaient pas de salmonelles lors de leurs contrôles, et ne pouvaient donc pas en trouver.

L'usine Celia à Craon en Mayenne.
L'usine Celia à Craon en Mayenne. © Maxppp - Maxppp

Craon, France

Laurence Deflesselle, directrice départementale interministérielle adjointe de la DDCSPP, la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations de la Mayenne, était auditionné ce mardi par la commission d'enquête parlementaire, chargée de tirer les enseignements de l'affaire Lactalis. Il s'agit bien sur de l'affaire des lais en poudre pour bébés, contaminés par des salmonelles et produits à Craon.

Seize contrôles en douze ans

Elle a expliqué que les services de l'État ont réalisé seize contrôles à l'usine Lactalis de Craon entre 2005 et 2017, mais que les prélèvements ne visaient pas à trouver des salmonelles : "Ces prélèvement n'ont pas visé la recherche d'agents pathogènes type salmonelles" car le plan national ne les avait pas retenu pour la catégorie des produits infantiles, "ce n'était pas dans les instructions que nous avions", a t-elle déclaré. 

Les recherches menées sous le pilotage de la répression des fraudes (DGCCRF) portaient sur les "teneurs en pesticide, en métaux lourds, des présences de mycotoxines, un type de contaminants beaucoup plus fréquents sur des produits secs", a ajouté Laurence Deflesselle.

Deux autocontrôles positifs non signalés

Lactalis avait trouvé à deux reprises des traces de salmonelles dans l'environnement de l'usine lors de contrôles internes, en août et novembre 2017. Mais la législation oblige les industriels à prévenir les pouvoirs publics seulement si des salmonelles sont trouvées directement dans les produits

"Je n'en ai jamais eu connaissance et aucun des deux chefs de service non plus", a indiqué Mme Deflesselle, assurant n'avoir eu "aucun signal d'alerte" avant l'alerte lancée le 1er décembre par les autorités centrales.

Le Sénat a d'ores et déjà fait des propositions pour l'amélioration de l'efficacité des contrôles sanitaires, comme rendre "obligatoire" l'information des pouvoirs publics lorsqu'un auto-contrôle détecte des salmonelles "dans l'environnement" de la production, mais aussi "clarifier" et "unifier" la responsabilité de l'exercice des contrôles sur un site de production.

"L'État a manqué à son devoir".

En France, 37 nourrissons ont été atteints de salmonellose ces derniers mois après avoir consommé un produit infantile, essentiellement de marque Milumel ou Picot, sorti de l'usine de ce groupe à Craon. En 2005 déjà, une épidémie de salmonellose était partie de cette même usine, qui n'appartenait pas encore à Lactalis. La même bactérie était en cause et avait contaminé 146 nourrissons.

"Comment expliquer que les salmonelles ne fassent pas partie des bactéries recherchées par l'Etat lors des prélèvements qu'il réalise lors de ses contrôles officiels ?", se demande l'association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles.

"L'État s'est rendu complice de la société Lactalis".

L'association estime qu'il y a _"_une réelle responsabilité de l'État qui a manqué à son devoir de garantie de sécurité sanitaire des produits et s'est par voie de conséquence rendu complice de la société Lactalis". 

Ce mercredi, plusieurs responsables de Santé Publique France doivent être à leur tour entendus par les parlementaires à l'Assemblée Nationale.