Faits divers – Justice

Landes : le propriétaire du kebab de Dax n'a pas subi de discrimination

Par Nelly Assénat, France Bleu Gascogne mardi 27 septembre 2016 à 10:31

Farid tenait le kebab Tanger près du tribunal de Dax
Farid tenait le kebab Tanger près du tribunal de Dax © Radio France - Christophe Van Veen

Un Dacquois est débouté en justice : le tribunal estime qu'il n'a pas subi de discrimination ethnique. Lui affirme que ses anciennes propriétaires refusaient de lui vendre un local car il est d'origine marocaine.

A-t-on refusé de lui vendre le logement dont il était locataire à cause de son origine ethnique ? Non, répond la justice.

Farid, Dacquois d’origine marocaine, en est pourtant persuadé. Il a attaqué ses propriétaires pour discrimination ethnique mais il a toujours perdu y compris en Cour de cassation. Ce père de famille tenait le Tanger, un restaurant kebab collé au palais de justice de Dax. Avec sa femme et ses enfants il vit pendant huit ans dans cet immeuble jusqu’à la mort de la propriétaire.

Les héritières, deux sœurs, affichent d’abord un prix rédhibitoire à la vente avant de baisser le logement à 110 000 euros. Farid l’apprend et fait une offre à l’agence immobilière avec qui il signe un sous- seing puis sa banque suit pour le prêt. Au moment de conclure la vente avec les propriétaires il affirme : "j'étais assis devant la dame de l'agence et quand elle a appelé une des propriétaires, elle a dit au téléphone -Hors de question à lui !- Pourquoi pas moi ? C'est ça qui me fait le plus mal".

Mes clientes ont été salies par les accusations de discrimination—Me Julie L'Hospital, avocate des propriétaires

Pour l'avocate des propriétaires, maître Julie L'Hostpital, "ces locataires se sont installés dans une démarche de victimisation. Les propriétaires, deux personnes retraitées, ont été salies par les accusations portées à leur encontre".

Sale arabe je l'ai entendu 40 fois dans ma vie, mais que quelqu'un refuse de vous vendre alors que vous avez tous les documents... je ne l'accepte pas—Farid

La procédure a duré près de 10 ans et à chaque fois Farid a perdu devant les tribunaux. Elle s’est soldée par un échec très amer pour cet homme qui est l’une des figures de la communauté musulmane de Dax. Farid estime qu'il a perdu "parce qu'il s'attaque à des gens riches et qu'il n'est qu'un petit". Il explique : "Qu'on me dise sale arabe je l'ai entendu 40 fois dans ma vie, mais que quelqu'un refuse de vous vendre alors que vous avez tous les documents... je ne l'accepte pas".

Hier lundi 26 septembre l'ancien patron du kebab a en outre été condamné pour procédure abusive par le tribunal correctionnel de Dax. Il devra verser 6 000 euros de dommages et intérêts à deux sœurs retraitées, et 1500 euros pour leurs frais de justice.

Depuis janvier 2016 le kebab près du tribunal de Dax est fermé.