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Agriculture – Pêche

Le célèbre Château Angelus se convertit en bio

jeudi 26 avril 2018 à 18:03 Par Florence Pérusin, France Bleu Gironde

Signe que la révolution est en bien marche dans les vignes du bordelais, le célèbre Grand Cru Classé de Saint-Emilion vient d'annoncer sa conversion en bio. Les 42 hectares du domaine répondent désormais à un cahier des charges très strict. Les premières bouteilles arriveront sur le marché en 2022.

Le Grand Cru classé de Saint Emilion a sauté le pas début mars
Le Grand Cru classé de Saint Emilion a sauté le pas début mars © Radio France - Florence Pérusin

Saint-Émilion, France

Le pas a officiellement été sauté il y a 1 mois, mais la réflexion, elle, était engagée depuis plus de trois ans. "Depuis plus de 15 ans même", précise Hubert de Boüard de Laforest, le propriétaire du Château Angelus, "car nous n'utilisons plus de pesticides ni d'herbicides depuis les années 2000." L'arrivée de la 8e génération à la direction du domaine en 2016 a donné la dernière impulsion qu'il manquait au célèbre Grand Cru classé de Saint-Emilion.

Le fruit d'une longue réflexion

Le domaine s'est d'abord appuyé sur l'expérience du Château Bellevue, autre Grand Cru classé propriété de la famille de Boüard, et dont la conversion bio a été lancée en 2015. "Avec cette expérience, et la tradition d'agriculture raisonnée que nous avions, nous avons pu mesurer et maîtriser toutes les étapes de cette transition" raconte Stéphanie de Boüard. "Cela n'a d’ailleurs pas bouleversé nos méthodes de traitement, en revanche, cela a nécessité une réorganisation de nos équipes", précise-t-elle. Concrètement, pour mener à bien cette conversion, le domaine a développé son propre laboratoire d'analyses des sols et de la biodiversité et a embauché un jeune ingénieur spécialiste de l'environnement. 

Le bio, c'est la science de la prévention. — Hubert de Boüard

Pour adapter au mieux les techniques, il a donc fallu formé les équipes, mais aussi obtenir leur adhésion au projet. "Quant on est en bio, on est totalement soumis aux aléas climatiques, donc parfois il faut revenir travailler un dimanche ou en plein mois d'août" explique Stéphanie de Boüard. Une adhésion qui a été totale assure la directrice générale, ce qui est à ses yeux l'une des clés du succès de cette conversion à long terme.

L'évolution incontournable du vignoble bordelais

Si la famille de Boüard reconnait que cette conversion à un coût financier et que tous les châteaux ne peuvent pas se la permettre, elle estime qu'il s'agit néanmoins de l'évolution nécessaire du vignoble bordelais.

Ceux qui ne préparent pas leur conversion sont morts. — Hubert de Boüard

"Il faut sortir totalement des pesticides" affirme haut et fort Hubert de Boüard, "et nous avons nous les gros, un rôle d'exemple et de locomotive à jouer."

Pour accompagner cette conversion nécessaire et qui fait aujourd'hui consensus dans tout le vignoble,  le propriétaire estime que des instances comme le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB) ont leur rôle à jouer. Il plaide par exemple pour la mise en place d'un système d'aide et de péréquation entre les gros et les plus petits.

Hubert de Boüard:" Il faut des aides pour aider les plus petits à se convertir en bio!"

Les premières bouteilles d'Angélus bio seront mises sur le marché si tout va bien en 2022.

Les 42 hectares du vignobles sont désormais cultivés en bio - Radio France
Les 42 hectares du vignobles sont désormais cultivés en bio © Radio France - Florence Pérusin

Grand débat ce vendredi 27 avril

"Le vignoble bordelais et les pesticides : la révolution en marche ?" C'est le thème du grand débat organisé par France Bleu Gironde en partenariat avec Kedge Business School et Forum Events vendredi 27 avril de 18h30 à 20h à Station Ausone à Bordeaux.Nos invités :

  • Bernard Farges, vice-président du CIVB (Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux)
  • Jacques-Olivier Pesme, directeur de la Wine & Spirits Academy du groupe Kedge
  • Henri Plandé (Alerte Pesticides Haute Gironde)
  • Christelle Dubos, députée LREM de la 12e circonscription de Gironde (Entre-deux-mers)
  • Dominique Techer, viticulteur bio et secrétaire départemental de la Confédération paysanne

Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles.