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Faits divers – Justice

Le cercueil en carton tente de conquérir le Poitou

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Par , France Bleu Poitou, France Bleu

Une association vient de se créer à Poitiers dans l'objectif de promouvoir l'utilisation du "cercueil écologique en cellulose". Concrètement il s'agit d'un cercueil en carton, moins cher et plus respectueux de l'environnement.

Le cercueil en carton
Le cercueil en carton © Radio France - Valentin BOISSAIS

Poitiers, France

Lorsque le chat de Goerges Braissant meurt il y a 30 ans, cet ingénieur bourguignon (originaire de Saône-et-Loire) est bouleversé, il veut l'enterrer.  Pour ce faire, il trouve dans une boite en carton la solution idéale. 

Il imagine alors un cercueil entièrement fait de cellulose (en carton), destiné à la crémation et à l'inhumation humaine. Son invention date de 1992, quelques années plus tard, en 1998, l'état français finit par homologuer ce cercueil qui peut depuis être utilisé dans les cimetières français. 

Un cercueil respectueux de l'environnement

A l'heure où la question environnementale est devenue l'une des priorités de notre société, ce cercueil se veut écologique, selon son fondateur. Lors d'une crémation il permet d'économiser 15 minutes. En cas d'inhumation, ce cercueil se désagrège en 90 jours, là où des cercueils en bois mettent plusieurs années. 

Une caractéristique qui fait dire à Georges Braissant que ce cercueil est également "inclusif". Selon l'inventeur, ce modèle est particulièrement sollicité par les communautés juives et musulmanes pour lesquelles le retour à la terre revêt une importance toute particulière après la mort.

Une démarche sociale

Ayant de la famille travaillant dans les pompes funèbres, Georges Braissant connait les prix pratiqués dans la professions. Les cercueils en bois massif sont aujourd'hui vendus à des prix variant entre 800 et 3000 euros : "Des prix que beaucoup de familles n'ont pas les moyens de payer, même dans ces moments difficiles " selon ses mots.

A l'inverse le cercueil en carton affiche des prix moins élevés : entre 300 et 500 euros. La fourchette de prix prenant en compte la nécessite de préparer le cercueil par des capitons et autres éléments (comme la loi nous y oblige). 

Une démarche qui divise la population

Écologique, social et inclusif, ce cercueil semble sur le papier avoir tout pour plaire. Néanmoins en 20 ans de commercialisation, seuls 3000 exemplaires ont été écoulés. La faute selon son inventeur aux entreprises de pompe funèbre. Bien qu'homologué par l'Etat, ce cercueil est parfois mal vu par les professionnels du funéraire.

Plusieurs explications peuvent être étudiées sur ce refus. Avec un prix aussi bas ces cercueils offrent des marges moins grandes aux prestataires funéraires. Par ailleurs, certaines pompes funèbres pointent la non réceptivité des clients face à ce cercueil d'un nouveau genre qui bouscule parfois les habitudes.

Sandrine, 40 ans et résidente de Poitiers avoue par exemple trouver la démarche "déplacée vis à vis de nos ancêtres, d'autant plus que le carton, esthétiquement, ce n'est pas vraiment ça...". Si cette aide-soignante est prête à se faire enterrer dans ce cercueil, elle a du mal à concevoir "l'enterrement d'un proche dans du carton".

Même son de cloche chez Maylis, 20 ans, jeune étudiante à l'université de Poiteirs. Selon la jeune brune si la concernant, la mort n'est pas encore d'actualité, elle reconnait "la dimension écologique de l'invention" mais encore une fois avoue ne pas être prête à passer le pas si elle venait à enterrer ou incinérer l'un de ses proches. 

Certaines villes poussent à son utilisation 

Pour faire connaitre son invention, Georges Braissant a créé l'association pour le cercueil écologique en carton. L'objectif est de faire connaitre son cercueil auprès du grand public. L'association vient de s'installer à Poitiers. 

A Ivry-Sur-Seine, dans le Val-de-Marne, un carré réservé sera aménagé dans le cimetière en septembre prochain. Ce carré n'acceptera que des cercueils en carton et autres enterrements écologiques.