Faits divers – Justice

Pays Basque : le chef présumé d'ETA Mikel Irastorza arrêté à Ascain

Par Anthony Michel, Paul Nicolaï et Jacques Pons, France Bleu Béarn, France Bleu Pays Basque et France Bleu samedi 5 novembre 2016 à 9:13 Mis à jour le samedi 5 novembre 2016 à 12:53

Le lieu des arrestations ce matin à Ascain
Le lieu des arrestations ce matin à Ascain © Radio France - Paul Nicolai

Le chef présumé de l'organisation terroriste ETA, Mikel Irastorza a été interpellé à Ascain ce samedi matin. Une opération conjointe de la police française et de la guardia civil espagnole.

Mikel Irastorza se dissimulait dans une maison d'Ascain à deux pas de la frontière espagnole. Ce sont des policiers français de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et des agents de la Garde civile espagnole qui l'ont arrêté dans une des maisons du lotissement Muncho au bout du chemin Lur Eder. L'homme âgé de 41 ans est originaire de Saint Sebastien (capitale du Guipuzkoa). Selon le ministère espagnol de l’intérieur il dirigeait l'organisation armée depuis juillet 2015. Pour Madrid il s'agit du plus haut dirigeant actuel d'ETA.

L’opération n'est pas terminée

Le ministère espagnol de l’intérieur envisage d'autres arrestations, durant cette opération "toujours en cours". Un couple qui hébergeait Mikel Irastorza est placé en garde à vue. Témoignage du fils, Ugaitz, recueilli par Paul Nicolaï:

Le témoignage du fils du couple chez qui l'etarra a été arrêté

L'entrée du lotissement d'Ascain où résidait Mickel Irastorza - Radio France
L'entrée du lotissement d'Ascain où résidait Mickel Irastorza © Radio France - Paul Nicolai

Une opération lancée après la découverte d'une cache

Ces arrestations surviennent quelques jours à peine après la découverte d'une cache d'armes d'ETA le 12 octobre à Carlepont (à 120 km au nord de Paris). Dans ce "zulo" (cache) les policiers découvraient 145 armes de poing (75 revolvers et 70 pistolets automatiques) ainsi que des munitions et deux fusils de chasse. Une "découverte" une semaine avant l'anniversaire de l'annonce d'un cessez le feu définitif d'ETA (20 octobre 2011). Quelques jours plus tard (le 28 octobre) ETA répond dans un communiqué accusant Paris et Madrid de ne pas rechercher des solutions raisonnables pour la paix au Pays Basque.

ETA : une longue histoire

L'ETA (euskadi ta askatasuna, autrement dit, pays basque et liberté), est née en 1959. Cette organisation armée a tué 829 personnes en plus de 40 années de lutte armée pour l'indépendance du Pays basque et de la Navarre. Depuis octobre 2011, l'organisation ETA a renoncé à la violence sans pour autant rendre les armes. La France et l'Espagne exigent la dissolution "inconditionnelle" du groupe armé. ETA souhaiterait de son coté des aménagements de peines pour les prisonniers ayant appartenu à l'organisation.

Premières réactions des indépendantistes

"Ces arrestations n'ont pas lieu d'être"— EHBai

Dans un communiqué EH Bai (Euskal Herria Baï, autrement dit, oui au Pays Basque) réagit à cette arrestation. Pour le parti abertzale (nationaliste) "ces arrestations n'ont pas lieu d'être quand une majorité de la société civile demande une résolution du conflit au Pays Basque". EH Bai appelle à "entamer au plus vite les discussions pour parvenir à tourner la page du conflit armé". EH Baï appelle à un rassemblement ce samedi 19h place d'Ascain.

Ascain à deux pas de la frontière espagnole - Radio France
Ascain à deux pas de la frontière espagnole © Radio France - Oanna Favennec