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Faits divers – Justice

Le "chef" présumé du réseau d'ultra-droite démantelé est un Charentais-Maritime

lundi 25 juin 2018 à 19:13 Par Julien Fleury, France Bleu La Rochelle, France Bleu Poitou et France Bleu

Ancien policier, devenu brocanteur, l'homme a été interpellé samedi soir avec sa compagne à leur domicile de Tonnay-Charente. Peu connu de ses voisins qui le trouvaient "correct", l'homme avait milité au Front national, le temps d'une élection dans sa commune.

Le domicile du chef présumé du groupuscule d'ultra-droite, à Tonnay-Charente (17)
Le domicile du chef présumé du groupuscule d'ultra-droite, à Tonnay-Charente (17) © Radio France - Julien Fleury

Tonnay-Charente, France

Un 4x4 noir est toujours stationné devant le petit pavillon aux volets fermés appartenant au couple interpellé samedi soir. Sur la plaque d'immatriculation du véhicule, le drapeau corse, clin d’œil aux origines pour cet ancien policier reconverti dans la brocante. Origines que ses voisins retrouvaient dans son accent rocailleux. Relations cordiales mais superficielles. Difficile d'imaginer que ce voisin tranquille soit désormais soupçonné d'être à la tête d'un réseau d'ultra-droite projetant d'assassiner des musulmans.

Monique et son mari sont tombés de très haut, quand les gendarmes ont débarqué devant chez eux samedi soir: "On s'est douté que c'était le GIGN. Ils étaient cagoulés, casqués, avec des mitraillettes." Plusieurs voisins ont assisté à la scène, qui s'est étalée sur près de trois heures. Mais il a fallu attendre les reportages dans les médias pour comprendre. 

"On ne savait même pas qu'il avait été policier, s'écrie Monique. Nous on passe avec notre chien. On lui dit bonjour, il va fait beau." Monique qui s'arrête, interdite: "On connaît pas son voisin!" Le maire de Tonnay-Charente lui non plus, ne connait pas très bien cet administré installé dans sa commune depuis seulement quelques années. Mais Eric Authiat a un souvenir précis: l'homme surveillait un bureau de vote lors des départementales de 2015. Pour le compte du Front national.

"Un homme de confiance, un homme équilibré"

Confirmation de la candidate FN de l'époque. Contactée par l'ancien policier quelques semaines avant le scrutin, Corinne Bougault le recrute immédiatement dans son équipe de campagne, notamment pour coller des affiches. "Un homme de confiance, un homme équilibré" précise Corinne Bougault, aujourd'hui secrétaire administrative du Rassemblement national en Charente-Maritime.

Corinne Bougault qui reconnaît "être tombée sur ses fesses" en apprenant l'arrestation. D'origine corse, l'homme a le verbe haut, et de la "fierté pour sa terre". Mais difficile pour elle de le voir sombrer dans la paranoïa. Certes, l'ancien policier "a la passion des armes". Il en a d'ailleurs fait une spécialité dans son activité de brocanteur. "C'est un collectionneur" précise Corinne Bougault, qui a pu visiter les vitrines installées dans sa maison, bien fermées à clé. Lui, chef d'un réseau d'ultra-droite, Corinne Bougault affirme qu'"elle n'y croit pas du tout".

Au siège départemental du FN devenu Rassemblement national, on minimise cet engagement militant. "L'homme ne figure pas dans nos fichiers, ni comme adhérent ni comme sympathisant" précise Séverine Werbrouck, qui rappelle la position de son parti: "Nous nous désolidarisons de tout projet d'attentat contre les musulmans." Si les soupçons d'attentat se confirment, ajoutent les responsables départementaux du parti, "il devait nous trouver trop mous" et "ne pas beaucoup nous aimer."

Un autre suspect interpellé dans la Vienne

Un autre suspect a été interpellé samedi soir dans la Vienne. Les dix suspects interpellés lors de ce coup de filet ce week-end sont âgés de 32 à 69 ans. La plupart d’entre eux ne sont pas connus des services de police. Une vingtaine d'armes à feu ont été saisies en marge des interpellations de ce week-end. Selon les enquêteurs, un laboratoire clandestin permettant de fabriquer des explosifs a été retrouvé au domicile de l'une des dix personnes.

Dans le cadre de cette enquête anti-terroriste, les gardes à vue dans ce dossier vont pouvoir durer quatre jours.