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Faits divers – Justice

Le combat d'anciens salariés d'Alstom à Belfort pour faire reconnaître leur préjudice d'anxiété

mardi 8 janvier 2019 à 18:52 Par Wassila Guittoune, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu

La justice se penche à nouveau sur le dossier de l'amiante à Alstom à Belfort : la Cour de cassation examine ce mardi le pourvoi de 19 ex-salariés. Les employés veulent faire connaître leur préjudice d'anxiété, après avoir été longuement exposés à l'amiante.

1700 anciens salariés d'Alstom Belfort ont déposé un dossier de reconnaissance de préjudice d'anxiété lié à l'amiante
1700 anciens salariés d'Alstom Belfort ont déposé un dossier de reconnaissance de préjudice d'anxiété lié à l'amiante © Maxppp - Lionel VADAM

Belfort, France

"C'est un très long combat" résume Jacques Rambur, de la CGT Retraités. Cet ancien ouvrier d'Alstom à Belfort tente, avec 18 autres anciens salariés, de faire reconnaître leur préjudice d'anxiété. Après cinq ans de procédure, la justice s'est à nouveau penchée sur leur dossier ce mardi. En effet, la Cour de cassation a examiné un arrêt rendu par la Cour d'appel de Besançon. Cet arrêt précisait que la demande des salariés était irrecevable car le délai de prescription était dépassé au moment des dépôts de plaintes. La Cour de cassation doit donc "décider si cet arrêt était légalement fondé, ou si la Cour d'appel de Besançon a commis une erreur de droit, une erreur de fond" explique leur avocate Maître Manuela Grévy.

19 anciens salariés qui vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête

La Cour de cassation se prononcera d'ici un mois. En attendant, ces anciens salariés vivent encore dans l'angoisse. Daniel Grillon, est ajusteur outilleur. Il est entré dans l'entreprise en 1985 à l'âge de 22 ans. Il a 58 ans aujourd'hui. Il vient de quitter l'entreprise en mars : "J'ai appris il y a trois mois qu'un copain est mort, du cancer de l'amiante. J'ai un ami à qui on a enlevé la moitié du poumon. Tu te lèves le matin, tu as un petit problème à la poitrine, tu te dis ça y'est je vais avoir un cancer. Il y a toujours cette arrière pensée, cette épée de Damoclès au-dessus de la tête."

On nageait dans l'amiante

Chantal Henny se souvient encore de sa première journée sur le site d'Alstom Belfort : "C'était le 13 mai 1974. Ça m'est resté, toute cette poussière qui dégringolait, tout un tas de cochonneries qui nous tombait dessus. On n'avait pas de masques, pas de protections." Jacques Grasselr, qui a intégré Alstom en 1961, à l'âge de 14 ans, se remémore également : "On nageait dans l'amiante. Aujourd'hui, quand on tousse, on se dit, j'espère que ça va aller, que ce n'est pas un cancer".

L'affaire devant la cour européenne des Droits de l'Homme?

"Si la justice ne nous donne pas raison, nous ne pourrons plus nous retourner devant notre employeur. Donc nous avons un plan B : nous continuerons notre combat" explique Jacques Rambur, de la CGT. En effet, les anciens salariés d'Alstom envisageraient alors de saisir la Cour européenne des droits de l'homme.