Faits divers – Justice

Le combat de Sophie Dias, deux mois après les attentats de Paris

Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne jeudi 14 janvier 2016 à 11:04

Deux mois après les attentats, les familles créent une association
Deux mois après les attentats, les familles créent une association © Maxppp

La fille de Manuel Dias, ce Marnais tué le 13 novembre par un kamikaze devant le stade de France, rejoint une association de familles de victimes. Deux mois après la mort de son père, elle veut des réponses et du soutien de la part de l'Etat.

"13 novembre : fraternité et vérité", c'est le nom de l'association créée par des familles de victimes des attentats du 13 novembre à Paris. Deux mois après ces événements tragiques, elles se sentent abandonnées, livrées à elles-même et débordées par les démarches à effectuer. Sophie Dias est de ceux-là. Son père, Manuel, Rémois de 69 ans, a été tué par l'explosion d'un kamikaze devant le stade de France. Depuis, elle se bat.

"C'est important de se dire qu'on n'est pas tout seul"

Chaque jour, Sophie Dias et ses proches ont de nouvelles démarches à effectuer : trouver un avocat, se constituer partie civile, rencontrer les notaires... etc. Des difficultés auxquelles elle fait face, mais qu'elle a aujourd'hui besoin de partager_"On a trouvé que cette association était la meilleure façon de s'entraider et de _parler à d'autres victimes", explique-t-elle. Tous, espèrent pouvoir se constituer partie civile et donc faire avancer l'enquête afin que la vérité soit dite. Sophie Dias s'attend à être convoquée par un juge d'instruction, mais ce qu'elle souhaite surtout, c'est être prise en charge comme une victime d'attentat et que les démarches soient allégées "On subit la situation, on a rien demandé. Je n'ai plus mon papa, mais pour les démarches je passe quand même par des standards où l'on n'est pas toujours accueilli comme on devrait".

Avoir des réponses à ses questions

Depuis deux mois, Sophie Dias vit aussi avec des questions restées sans réponses : "J'aimerais savoir si mon père a souffert, si il a été transporté à l'hôpital à Paris ou non. Personne ne m'a contactée pour m'en dire plus et quand je pose la question je n'ai pas vraiment de réponse". Pour toutes ces raisons, la fille de Manuel Dias n'a pas souhaité se rendre à l'hommage aux victimes organisé dimanche 10 janvier place de la République à Paris, mais elle ne perd pas espoir : "J'attends des réponses, mais j'y crois, il faut y croire et je me battrai pour mon papa".

Sophie Dias se bat pour son père Manuel