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Le décès d'un patient jugé 10 ans après par le tribunal judiciaire d'Orléans

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Par , France Bleu Orléans

Le 9 octobre 2010, Florian, âgé de 31 ans, décède d'une rupture d'anévrisme. Un peu plus de 10 ans après les faits, un médecin, remplaçant aux urgences de l'hôpital d'Orléans, a comparu devant le tribunal pour homicide involontaire. Le parquet a requis sa relaxe.

Service des urgences
Service des urgences © Radio France - Emmanuel Bouin

Le procès d'un médecin urgentiste, poursuivi pour homicide involontaire, s'est tenu ce mardi 23 février devant le tribunal judiciaire d'Orléans. Le 9 octobre 2010, un homme de 31 ans décédait à son domicile, victime d’une rupture d’anévrisme après avoir été vu notamment aux urgences de l’hôpital d’Orléans. Le ministère public a requis la relaxe. Il aura fallu attendre un plus de 10 ans après le dépôt d'une plainte pour que le décès de Florian vienne enfin à l'audience d'un tribunal. 

Un procès au bout de 10 ans

10 ans et cinq juges d'instructions plus tard. Un "échec de l'institution, de notre institution" s'excuse en préambule de ses réquisitions Cécile Collomb, substitute du procureur de la République. Après une fête familiale en Mayenne avec alcool et cannabis, Florian se plaint de maux de tête, de raideur dans le cou et de vomissements. Le 28 septembre 2010, son médecin traitant prescrit sur ordonnance l’injonction d’un scanner mais après plusieurs heures passées aux urgences de l’hôpital d’Orléans, il ressort avec du simple paracétamol. Le 29 septembre, il retourne chez son docteur qui l’envoie à l’hôpital de Pithiviers qui réalise un scanner, deux ponctions lombaires puis le dirige vers le service de maladies infectieuses du CHRO où il est placé quelques jours sous surveillance avant de ressortir Le 2 octobre. Une semaine plus tard, il est retrouvé mort par sa mère. L’autopsie révèle une hémorragie méningée après une rupture d’anévrisme.

Un seul prévenu à la barre

Docteur d’origine libanaise, diplômé à Bordeaux, aujourd'hui directeur adjoint des urgences de l'hôpital de Saumur, aux états de service irréprochables, Samir Ghantous, 66 ans,  est seul face aux juges pour répondre de ce décès. C’est lui qui a vu le premier Florian aux urgences d’Orléans. Il effectue ce jour là un remplacement. Selon le rapport d'un expert médical versé au dossier, il a posé un mauvais diagnostic au regard des symptômes "quasi caricaturaux" du patient. Face aux subites céphalées, raideurs de la nuque, prescription d'un scanner par le médecin traitant, "il ne pouvait pas être commis d’erreurs" ajoute Me Césaréo, l’avocat de la famille du défunt. Le médecin urgentiste se défend : "j’ai réclamé un scanner au radiologue qui a refusé, il voulait l'accord du neurologue que j'ai appelé mais qui ne s’est pas déplacé et qui a refusé aussi". Rien ne laisse à penser non plus qu'un scanner aurait pu à ce stade déceler le début d'un souci de rupture d'anévrisme.

Le parquet requiert la relaxe

Le prévenu est-il responsable, seul responsable ? Pour son avocate, Me Sonia Krovnikoff, "il y a un nombre incalculables d'erreurs dans ce dossier". Après avoir été placé sous le statut de témoin assisté, le neurologue a bénéficié d'un non lieu. L’hôpital de Pithiviers n’est pas poursuivi non plus mais il s’est trompé pourtant reconnait dans son rapport l'expert. Les médecins ont diagnostiqué une méningite bactérienne alors que la présence de sang dans le liquide céphalo rachidien lors des deux ponctions lombaires laissait à penser à une fissure d'anévrisme qui allait provoquer plus tard une rupture fatale. Pour Cécile Collomb, l'absence de scanner au départ, "c'est parole contre parole". Pour la magistrate "en l'absence de preuve de faute caractérisée et de lien de causalité direct avec la mort de Florian, le bénéfice du doute doit profiter à l'accusé". Elle requiert la relaxe du Dr Samir Ghantous.

Me Césaréo a réclamé 90.000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral pour l'ensemble de la famille de Florian. Le tribunal rendra son jugement le 23 mars prochain. 

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