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Le décrocheur de portrait d'Emmanuel Macron d'Assas coupable mais dispensé de peine

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Par , France Bleu Hérault

Le militant d'Anv Cop21 qui avait décroché le portrait officiel d'Emmanuel Macron de la salle des mariages d'Assas le 15 juillet 2019 a été reconnu coupable de vol en réunion mais dispensé de peine par le tribunal correctionnel de Montpellier.

Le décrocheur de portrait d'Emmanuel Macron coupable de vol mais dispensé de peine
Le décrocheur de portrait d'Emmanuel Macron coupable de vol mais dispensé de peine © Radio France - Claire Moutarde

Le militant qui avait décroché un portrait d'Emmanuel Macron en mairie d'Assas le 15 juillet 2019 était jugé devant le tribunal correctionnel de Montpellier ce mardi. Lewis C., 30 ans, a été reconnu coupable de vol en réunion mais dispensé de peine. Il devra malgré tout payer un euro à la mairie d'Assas au titre du préjudice moral et 39,89 euros pour le préjudice matériel. Une décision "entre deux" qui laisse perplexe Corinne Bascove, militant de l'association AnvCop21, "notre action politique, citoyenne et militante n'est pas réellement reconnue. Si l'urgence climatique avait été totalement reconnue, on aurait été relaxé". 

Pourtant, Lewis C. n'a pas encore pris la décision de faire appel ou pas. "J'ai l'impression que le tribunal a entendu nos arguments et a cherché une manière habile de ne pas rendre une décision trop politique tout en m'épargnant une amende. On va voir quelle portée peut avoir cette décision de justice pour se décider". Le militant qui a eu des mots d'excuses pour le maire d'Assas qui a fait valoir que sa secrétaire était encore "traumatisée" et qu'il ne comprenait pas que sa commune soit prise pour cible puisqu'ils "trient les déchets. On peut défendre l'écologie sans action illégale". 

Lewis C. a expliqué qu'Assas n'était pas ciblée mais qu'elle avait été choisie parce que le portrait était facile d'accès, "je suis désolée pour votre employée choquée mais ma génération n'a plus le choix". Un argument écologiste pour cette action, que Lewis C. appelle "réquisition", le portrait devant être rendu "lorsque le gouvernement respectera l'accord de la Cop21 pour lutter contre le réchauffement climatique". 

Une action "indispensable de lanceur d'alerte"

Une action "indispensable de lanceur d'alerte" selon son avocat maitre Alain Ottan qui estime que "les citoyens ne peuvent pas se contenter de voter tous les cinq ans et d'attendre que les politique fassent le contraire de ce qu'ils disent, et de compter les reniements et les engagements non respectés".

Deux témoins avaient été appelés à la barre pour étayer ces arguments écologistes : Roland Desbordes, spécialiste du nucléaire au CRIIRAD et Virginie Maris, chercheuse au CNRS, philosophe environnemental, spécialiste des questions autour de la biodiversité. Elle évoque l'effondrement de la vie sur Terre, une perte de 60 % des animaux sauvages, les dégâts comme les incendies et les inondations causés par le réchauffement climatique. 

"La communauté scientifique est unanime pour faire ce constat et la communauté politique le valide mais les politiques publiques ne vont pas dans le bon sens". La scientifique dénonce le double discours d'Emmanuel Macron en la matière rappelant ses prises de position en faveur de l'environnement "qui ne sont pas suivis des faits, l'ONU elle-même rappelle que les accords de Paris ne sont appliqués par aucun État". 

L'urgence climatique n'a pas été retenue comme argument par le parquet pour considérer l'action d'Assas comme une démarche politique, utile, la procureure de la République ayant requis 300 euros d'amende et souligné que "le fait de décrocher un tableau ne va pas arrêter le danger imminent du réchauffement climatique". La juge a suivi le parquet en reconnaissant la culpabilité de vol en réunion du militant même si elle le dispense de peine.

"la désobéissance civile peut se justifier." - Maitre Alain Ottan

Un regret pour l'avocat, Maitre Ottan : "La désobéissance civile peut-être justifiée juridiquement, l'état de nécessité aussi lorsqu'il n'y pas d'autres solutions pour faire face à une menace, ce qui est le cas avec le réchauffement climatique. Chacun doit prendre ses responsabilités, y compris les juges".

Une cinquantaine de militants s'étaient rassemblée dans la matinée pour soutenir Lewis C. La longueur des audiences de la journée aura eu raison de leur détermination. Ils étaient une dizaine à 18h30 à la sortie du tribunal correctionnel de Montpellier.

Lewis C. à la sortie du tribunal

Corinne Bascove de l'Anv Cop21

Maitre Alain Ottan, avocat de Lewis C.

compte rendu d'audience

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