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Le dentiste de La Châtre, jugé pour mauvaises pratiques et escroquerie, reconnu coupable

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Par , France Bleu Berry

Le praticien a été condamné ce mercredi par le tribunal de Châteauroux à trois ans de prison ferme. Il ne pourra plus exercer en France et n'a plus le droit de venir dans le Berry pendant cinq ans.

Tribunal de Châteauroux
Tribunal de Châteauroux © Radio France - Régis Hervé

Le dentiste de La Châtre accusé de mauvaises pratiques et d'escroquerie entre 2015 et 2018 a été reconnu coupable ce mercredi. Le tribunal de Châteauroux l'a condamné a trois ans de prison ferme (puisqu'il est incarcéré depuis près d'un an, il retourne donc en prison pour deux ans de plus). Il n'a plus le droit d'exercer sa profession en France et ce de façon définitive. Il n'a plus le droit de venir dans l'Indre et le Cher pendant cinq ans.  

Il doit également rembourser les Caisses primaires d'assurance maladie du Berry, soit un peu plus de 65.000 euros, mais aussi plusieurs victimes. Une lourde peine pour ce dentiste de 47 ans, arrêté l'année dernière en Roumanie (son pays d'origine) et placé depuis en prison. L'audience a duré près de six heures.

J'ai beaucoup souffert, c'est atroce

Couronnes mal posées ou encore dents arrachées sans que ce soit nécessaire... En tout, sur 57 dossiers étudiés, 55 ont révélé une anomalie. Parmi ces dossiers, il y a celui d'Alain, 59 ans, habitant de La Châtre. En 2018, lorsqu'il pousse la porte du cabinet de son dentiste à La Châtre à cause d'un mal de dent, il n'imagine pas alors le calvaire qu'il va devoir traverser : "Il m'a dit qu'il allait soigner ma dent mais que l'émail des autres dents était foutu et qu'il allait devoir poser un bridge. J'ai fait confiance. Il n'a pas fait de radio. Il a regardé sur son écran, a choisi une dent et m'a fait faire le bridge." Une semaine après, Alain retourne donc le voir. Cette fois le dentiste lui lime toutes les dents du bas pour qu'elles soient raccord avec le bridge qui est finalement posé mais rapidement les premières douleurs arrivent : "J'ai commencé à avoir des douleurs atroces. J'ai dû prendre des médicaments pour calmer la douleur et à cause de l'infection que j'avais à l'intérieur de la mâchoire, je commençais à sentir très mauvais de la bouche. J'ai beaucoup souffert, c'est atroce."  

Alain s'empresse donc d'aller voir un autre dentiste qui tente de rectifier le tir. Finalement, plusieurs dents sont arrachées et un nouveau bridge est posé. Alain ressort donc soulagé à double titre, puisqu'hier le prévenu a également été condamné à lui verser 4.000 euros pour préjudice moral et à ne plus jamais exercer en France. Le prévenu est également condamné à verser plus de 12.000 euros aux autres victimes du dossier pour préjudice moral et financier.

Un préjudice pour les CPAM estimé à un peu plus de 65.000 euros

Pour tenter d'éclaircir les choses dans ce dossier complexe, un expert de l'ordre des chirurgiens-dentistes a été appelé à la barre ce mercredi pendant l'audience. Parmi ses conclusions : l'absence de radios sur les patients du dentiste mis en cause. Alors que tous les dentistes de France en font pour savoir comment procéder par la suite, le prévenu confirme ne pas en faire : "Pas besoin", se justifie le prévenu avant d'ajouter : "Je connais mon travail, je sais ce que je fais". Le problème, c'est que sans radio, impossible de savoir si l'acte médical effectué était nécessaire. 

Les CPAM de l'Indre et du Cher ne savent donc pas ce qu'elles ont remboursé. Et la facture est salée puisque l'on parle d'un peu plus de 65.000 euros : 55.000 euros pour la Caisse de l'Indre et 10.000 euros pour celle du Cher. D'après les faits exposés par le juge, 136 actes facturés n'ont jamais été faits, 134 actes sont injustifiés (notamment à cause du manque de radio). A cela, il faut également ajouter les doubles facturations. Les deux Caisses du Berry ont donc porté plainte pour escroqueries en 2018. Une plainte entendue par la justice puisque le dentiste a été condamné à verser près de 57.000 euros à la CPAM de l'Indre et près de 13.000 euros à la CPAM du Cher.

Quant à savoir si les CPAM ont manqué de vigilance, leur avocat répond : "Ce dentiste est conventionné, ce qui veut dire qu'il a signé une convention avec la CPAM. La Caisse lui garantit le tiers payant (le dentiste n'avance donc pas les frais) et lui s'engage en retour à garantir la véracité de ses facturations. Il faut savoir que la CPAM de l'Indre compte 160 salariés dont seulement huit dédiés à la répression des fraudes. Elle n'a donc pas le personnel pour vérifier chaque facture qui lui est envoyée. La CPAM ne contrôle pas à priori mais à posteriori. Ne pas faire de radio, c'est empêcher la CPAM de pouvoir vérifier."

Départ précipité pour la Roumanie

Autre point soulevé pendant l'audience : le manque de conseils dispensés par le praticien. "Pourquoi avez-vous posé des bridges sur des dents saines ?", a questionné la procureure. "Parce que le patient insistait pour que je le fasse. Il est venu me voir plusieurs fois alors je l'ai fait", a répondu le dentiste. "N'avez-vous pas un devoir de conseil puisque c'est bien vous le professionnel", a poursuivi la procureure. Sur ce point, le dentiste n'a pas eu de réponse convaincante à donner. Pas de réponse non plus concernant son départ précipité vers la Roumanie, en 2018, sans donner aucune nouvelles à ses patients. Lui affirme qu'il a dû rentrer parce que sa mère était malade et que sa femme avait menacé de le quitter. Une excuse qui n'a visiblement pas suffi au tribunal qui a décidé de le juger coupable. 

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