Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Le détecteur qui traque les appartements trop bruyants arrive à Nice

-
Par , France Bleu Azur, France Bleu

Un petit boîtier détecte s'il y a trop de bruit dans les appartements saisonniers. Si le volume est trop fort, un système d'alerte prévient les propriétaires. Si cela ne suffit pas une "brigade du silence" vient tenter une médiation. Les locations AirBnb sont particulièrement visées.

Photo de fêtes nocturnes - François Destoc
Photo de fêtes nocturnes - François Destoc © Maxppp - Destoc François

Une start-up espagnole commercialise un système qui vous "écoute" malgré vous. Pour éviter les fêtes débridées dans les appartements de location saisonnière, la société Roomonitor propose un boitier qui opère une véritable "surveillance sonore".

Selon les heures, si le volume de son dépasse un certain seuil le boîtier avertit les locataires qui occupent les lieux, mais aussi les propriétaires. Ce rappel à l'ordre entraîne le plus souvent une baisse du volume, dans la concertation.

Selon l'entreprise, ces alertes suffisent dans la majorité des cas. Sauf que dans 20% à 30% des situations, la fête continue. À ce moment-là, un autre solution est proposée, l'envoi sur place d'une équipe de médiation.

L'intervention d'une "brigade du silence"

Avec la rapidité "d'un livreur Deliveroo" et avec "la sérénité d'un portier de boite de nuit", la brigade du silence essaie de convaincre "gentiment" les locataires trop bruyants de bien vouloir retrouver le chemin qui mène au bouton de volume. Si cela ne suffit toujours pas, le système prévient la police.

Beaucoup s'inquiètent d'une possible dérive vers une forme de milice privée. L'entreprise Roomonitor s'en défend. "L'effet d'une intervention par notre équipe est différent de celui de la police" assure Marine Cornu, Manager France. Pour autant, cette mission est normalement dévolue aux services de police. Et pour certains propriétaires la surveillance privée ne doit pas s'y substituer. 

Les professionnels sont mitigés

Du côté des propriétaires, les avis ne sont pas unanimes. Certains sont contents de pouvoir garder un œil sur leur bien. Pour d'autres cette surveillance va surtout s'appliquer aux très grands appartements, c'est-à-dire ceux qui sont le plus susceptibles d'accueillir des grandes fêtes. Les propriétaires qui résident loin du bien qu'ils proposent à la location, voient dans ce système le moyen de faire appel à un prestataire pour intervenir dans leurs appartements. 

Emmanuel Pioton, de l'agence Apart Hotel Riviera, gère quelques 70 appartements à Nice. Il préfère de loin s'en remettre à des engagements écrits et à la confiance. Une charte est signée avec les locataires et, selon lui, cela se passe très bien la majorité du temps. La location doit être faite dans un cadre professionnel, ce qui réduit les risques de débordements. En cas de problème, lui-même ou ses collaborateurs se déplacent et si les contrevenants ne coopèrent pas, la location est purement annulée.

Par ailleurs l'abonnement au service représenterait une charge financière supplémentaire pour les propriétaires durement éprouvés par la désertion des touristes. 

Un système très intrusif ?

Est-ce que le boîtier enregistre les conversations des occupants comme le ferait un "Big Brother" qui tendrait l'oreille ? Marine Cornu, chargée du développement de la société en France, assure que seules les variations de niveau sonore sont détectées. En tout cas, les professionnels de la location saisonnière rappellent que pour l'installation de ce type de matériel, le locataire doit être informé, comme pour l'installation d'une caméra.

Beaucoup de locataires mettent en avant la possibilité de débrancher le boîtier, voir de le couvrir avec des isolants acoustiques, ou encore des coussins. D'autres évoquent aussi la forte probabilité de tensions, voire d'affrontements, entre des médiateurs venus négocier la baisse du volume et des fêtards potentiellement éméchés au cœur battant de la nuit.

Enfin, il faut noter que la plateforme AirBnB encourage ce type d'initiative. La plate-forme américaine veut rester à la pointe de la lutte contre les abus commis dans les appartements qu'elle propose à la location. En attendant, les locataires en mal de fêtes risquent d'opter pour la location d'appartements garantis sans détecteurs de bruit.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess