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Faits divers – Justice DOSSIER : Procès Jacques Rançon

Et si Jacques Rançon cachait d'autres crimes ?

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Le doute persiste, alors que s'achève le procès du « tueur de la gare » de Perpignan. Plusieurs éléments troublants laissent penser qu'il pourrait y avoir d'autres crimes encore non élucidés.

© Maxppp - Olivier GOT

Perpignan, France

De l'aveu même du président de la Cour d'assises des Pyrénées-Orientales ce mercredi, « c'est une question qui brûle toutes les lèvres : y a-t-il d'autres victimes de Jacques Rançon ? ». Cette question a d'ailleurs été directement posée ce mercredi soir au « tueur de la gare » de Perpignan. Il a répondu « non », sans forcement convaincre.

Des éléments troublants

Une activité criminelle aussi frénétique que celle de Jacques Rançon peut-elle s'être arrêtée du jour au lendemain ? Entre 1992 et 1999, alors qu'il n'a passé que trois ans en liberté, il reconnaît avoir agressé pas moins de sept femmes (dont deux meurtres suivis de mutilation, quatre viols, une tentative de meurtre et une tentative de viol). Et après, plus rien...  

Parmi les éléments les plus troublants, il y a les déclarations de Jacques Rançon concernant le corps de Marie-Hélène Gonzalés, la jeune femme de 22 ans retrouvée morte et mutilée en juin 1998. Jacques Rançon est absolument persuadé de lui avoir coupé les pieds « parce qu'ils dépassaient sur le chemin ».  Or, le cadavre de Marie-Hélène était décapité et amputé des mains, mais les pieds étaient indemnes. 

Pourtant, l'accusé n'en démord pas... Il affirme aussi avoir été griffé par la végétation sur les lieux du crime, alors qu'il n'y a sur place aucun arbuste épineux. Comme si les souvenirs se mélangeaient dans sa tête, et qu'il confondait avec autre chose...   

Les enquêteurs ont tenté de fouiller cette piste, en cherchant dans les annales une affaire qui pourrait correspondre, avec un cadavre aux pieds coupés. Pour l'heure, sans succès. "Quoique... il y aurait bien un fait qui mériterait des investigations", a soufflé le président ce mercredi, sans donner davantage de précisions.

« un meurtrier revient toujours sur les lieux de son crime »

Les étranges voyages de Jacques Rançon posent également question. Le 30 août 1998, deux mois après le meurtre de Marie-Hélène, il est intercepté pour « défaut de ceinture » à Remoulins dans le Gard. Interrogé sur les raisons de sa présence à cet endroit, Jacques Rançon refuse de donner la moindre explication. Il n'a ni famille ni ami dans ce secteur.

C'est Jacques Rançon lui-même qui l'a affirmé aux policiers lors de ses aveux en 2014 : « un meurtrier revient toujours sur les lieux de son crime ». Lui-même ne s'en est pas privé : il est retourné sur les lieux des meurtres de Marie-Hélène et de Mokhtaria. Dans ces conditions, comment ne pas s'interroger sur l'étrange périple qu'il effectue à la fin des années 2000 avec sa nouvelle compagne Lolita ?  

La jeune femme raconte un arrêt en bordure d'une forêt de la Somme. « Il m'a dit de rester dans la voiture, il avait quelque chose à voir dans la forêt.». Interrogé par la Cour d'assises, Jacques Rançon affirme qu'il voulait simplement retrouver un tronc d'arbre sur lequel, enfant, il avait gravé son nom...  

Le président n'abdique pas

Alors que le procès du « tueur de la gare » touche à son terme, le président de la Cour souhaite ne pas avoir de regrets. Autant poser les questions avant qu'il ne soit trop tard : « Monsieur Rançon, y a-t-il d'autres victimes ? Y a-t'il quelque part un cadavre qui dépérit sans ses pieds ? ». Et comme l'accusé répond par la négative, le président ajoute : « _Vous avez encore une nuit pour y réfléchir_. Ce jeudi matin, je vous poserai une nouvelle fois la question. »