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Faits divers – Justice

"Le but est de faire appliquer la loi" : les autorités justifient l’évacuation d’un squat de migrants à Dijon

mercredi 29 août 2018 à 19:34 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Au lendemain de l'opération de police pour faire évacuer un squat de migrants avenue de Stalingrad à Dijon, le préfet de Région et le procureur de la République ont tenu une conférence de presse, partagés entre empathie pour les migrants et respect de l’État de droit.

De gauche à droite, Nicolas Nibourel, directeur de la cohésion sociale, Bernard Schmeltz, préfet de Région, Éric Mathais, procureur de la République, et Bruno de Bartolo, directeur adjoint de la sécurité publique
De gauche à droite, Nicolas Nibourel, directeur de la cohésion sociale, Bernard Schmeltz, préfet de Région, Éric Mathais, procureur de la République, et Bruno de Bartolo, directeur adjoint de la sécurité publique © Radio France - Jacky Page

Dijon, France

Dans une conférence de presse commune, le procureur de la République de Dijon, Éric Mathais, et le préfet de Région Bernard Schmeltz sont revenus ce mercredi sur l'expulsion mardi des migrants qui squattaient depuis le 19 août un immeuble appartenant à l’État, 41 avenue de Stalingrad.

"Les migrants ne sont pas des délinquants"

"Ce ne sont pas des délinquants", a tenu à préciser le préfet Bernard Schmeltz. Sur 67 personnes contrôlées, seules quatre n'étaient pas en situation régulière. Le procureur de la République Éric Mathais a évoqué la nécessité "d'appliquer la loi dans le souci de l'aspect humain des choses." « Si les autorités ne prennent pas leurs responsabilités, on peut craindre tous les extrémismes », a-t-il ajouté, en faisant référence aux manifestations néo-nazies en Allemagne.

Tous deux se sont félicités d'une opération sans violence, d’un côté comme de l’autre, menée par une centaine de policiers, de CRS, et de membres de la police aux frontières. Une intervention motivée par deux infractions : dégradations en réunion et introduction frauduleuse dans un bâtiment sous contrôle des autorités militaires, puisque l'immeuble qui a été occupé appartient à l'armée. Les migrants y avaient été installés "par des membres de la mouvance anarcho-libertaire", selon le commissaire Bruno de Bartolo, directeur départemental adjoint de la sécurité publique.

Le collectif de soutien aux migrants envisage une action en justice

Accusé par le collectif de soutien aux demandeurs d'asile de privilégier le passage en force à la discussion, le préfet Bernard Schmeltz invoque la loi. L’État de droit dit-il, ne se discute pas. « Rien ne serait pire que d’adresser aux filières d’immigration irrégulière le message que nous n’appliquons pas notre propre règle de droit dans notre pays ».

Mais c’est précisément en se référant au droit que le collectif de soutien aux demandeurs d’asile envisage d’engager des poursuites pour « violation de domicile ». Cette expulsion s’est faite sans décision de justice. La loi est simple, explique Paul Garrigues, porte-parole du collectif : « vous êtes dans un endroit, au bout de 48 heures, c’est votre domicile. Après si quelqu’un le conteste, il va devant un tribunal. »

Les migrants en situation régulière peuvent demander un hébergement auprès du PADA à Fontaine-les-Dijon de 14 à 17 heures - Radio France
Les migrants en situation régulière peuvent demander un hébergement auprès du PADA à Fontaine-les-Dijon de 14 à 17 heures © Radio France - Jacky Page

Dernier jour pour faire une demande d'hébergement

Les migrants délogés de leur squat ont jusqu'à 17h cet après-midi pour faire une demande d'hébergement auprès des travailleurs sociaux de la plateforme d'accueil des demandeurs d'asile à Fontaine-lès-Dijon. Le département dispose de 1300 places dédiées aux demandeurs d’asile, plus 1200 à 1300 autres places dans les centres d’accueil de droit commun, qui reçoivent notamment des SDF. Le collectif de soutien aux migrants doute de la capacité des autorités à offrir un toit à chacun. Certains migrants vont ainsi être renvoyés dans les villes où ils ont enregistré leur demande d’asile, parfois à l’autre bout du pays. Si la priorité est donnée aux familles, les hommes seuls sont souvent laissés pour compte, affirme le collectif.