Faits divers – Justice

Le frère du disparu de l'hôpital de Thuir porte plainte pour "mise en danger d'autrui"

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon jeudi 6 mars 2014 à 19:34

Des affiches ont été apposées un peu partout à Perpignan pour tenter de retrouver Youssef
Des affiches ont été apposées un peu partout à Perpignan pour tenter de retrouver Youssef © Radio France

Plus de 20 jours après la disparition de Youssef Nouni, la famille estime que l'établissement psychiatrique n'a pas pris de mesures de surveillance suffisantes. Elle vient de déposer plainte

Plus de vingt jours d'angoisse, et désormais l'inquiétude pour la famille de Youssef Nouni. Elle vient de porter plainte contre X, après la disparition du jeune homme de 24 ans de l'hôpital de Thuir, le 13 février dernier. Ce schizophrène a fui l'établissement psychiatrique, alors qu'il venait à peine d'être amené en ambulance, accompagné par son frère, parce qu'il refusait de prendre ses médicaments.

Pour la famille, l'hôpital n'a pas pris les mesures de surveillance qui s'imposaient pour protéger le patient. D'ailleurs la plainte est déposée pour "mise en danger d'autrui". C'est une plainte contre X, mais dans le discours, c'est clairement l'hôpital qui est visé. Tout d'abord parce qu'il n'a pas été intégré dans une unité sécurisée dès son arrivée, en pleine nuit. Il a été admis en unité D alors qu'il aurait dû aller, selon la famille, dans l'unité A. D'ailleurs le certificat du médecin le mentionnait.

Plainte Disparu Thuir SON

Ensuite, Hibrahim, le frère de Youssef est formel : il a accompagné son frère jusqu'à l'intérieur : il était avec lui dans l'ambulance, et il est allé avec lui jusque dans une pièce avec les médecins. On a fermé la porte, et Hibrahim est parti, en toute confiance. Ce n'est que douze heures plus tard, le lendemain en début d'après-midi qu'il a appris que son frère s'était échappé. Il ne comprend pas d'ailleurs qu'on l'ait appelé si tard, il est persuadé qu'il aurait pu retrouver Youssef si on l'avait prévenu plus tôt. 

Du côté de l'hôpital de Thuir, la priorité est de retrouver le jeune homme avant de savoir qui a tort ou qui a raison. Du côté de la direction, on insiste sur le fait qu'un telle disparition est extrêmement rare, mais on essaie de comprendre ce qui a pu se passer. D'abord l'unité d'accueil : si Youssef a été admis dans l'unité D et pas dans la A, c'est tout simplement parce que le bloc A était plein. En ce qui concerne la fugue à proprement parler, on rappelle que l'hôpital n'est pas une prison, et on indique que Youssef a carrément cassé la porte d'entrée du pavillon pour s'enfuir. Le jeune homme est à peine resté 10 minutes dans les locaux. Des membres du personnel ont très vite lancé des recherches dans le parc de 32 hectares. Au bout d'une demi-heure, la gendarmerie a été appelée, pour chercher aussi à l'extérieur de l'enceinte.

Youssef n'en était pas à son premier séjour, la vigilance des soignants était peut-être réduite

Certes, la famille n'a pas été prévenue aussitôt, car le numéro de la personne à prévenir, dans le fichier des patients, n'était plus attribué. Mais il y en avait un autre, qui n'a pas été vu de suite, seulement douze heures plus tard, donc.

Enfin Youssef ne venait pas à Thuir pour la première fois, il était suivi à Perpignan et il était déjà venu quatre ou cinq fois à l'hôpital pour des séjours. La vigilance des soignants n'a donc peut-être pas été aussi forte que pour un nouveau patient. A l'hôpital de Thuir, on l'assure, on comprend la souffrance de la famille, et on s'inquiète avec elle. Mais le temps passe, et Youssef reste introuvable. Si vous avez vu Youssef, ou si vous avez des informations, contactez la gendarmerie de Thuir au 04 68 53 03 22.

Le reportage France Bleu Roussillon de Mathieu Ferri

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