Faits divers – Justice DOSSIER : LE + INFO de France Bleu Bourgogne

LE + INFO - Les trois idées reçues sur la surpopulation carcérale

Par Stéphane Parry, France Bleu Bourgogne mardi 11 avril 2017 à 10:37

Delphine Boesel est la présidente de la section française de l'Observatoire international des prisons
Delphine Boesel est la présidente de la section française de l'Observatoire international des prisons -

Quelles sont les alternatives à l'emprisonnement? Alors que le nombre de détenus n'a jamais été aussi important dans les prisons en France, des associations comme l'Observatoire international des prisons prônent la semi-liberté ou le placement sous bracelet électronique pour les courtes peines.

L' Observatoire international des prisons a pour mission d'observer ce qui se passe à l'intérieur des prisons pour informer la population et défendre les droits des personnes détenues. Jusqu'à présent, les gouvernements qui se sont succèdés n'ont apportés au problème de la surpopulation carcérale que la construction de places de prisons. l'OIP estime qu'il faut moins incarcérer et utiliser davantage les solutions qui sont proposées dans le code pénale comme la semi-liberté, le placement sous surveillance électronique ou encore les travaux d'intérêt général.

Delphine Boesel répond à trois idées reçues sur la surpopulation carcérale :

1) En prison, on ne s'occupe pas assez des détenus

Vrai et faux : dans les maisons d'arrêt où sont effectuées les courtes peines, rares sont les détenus qui bénéficient des cinq heures d'activités préconisées dans le Livre blanc. L'obligation d'activité est une disposition de la loi de 2009. Malheureusement l'administration pénitentiaire n'arrive pas à la mettre en place à cause de la surpopulation pénale.

2) Un seul détenu par cellule permet une meilleure réinsertion

Faux : l'encellulement individuel est prévu dans une loi de 1875. A chaque gouvernement, on repousse les décisions. Il faut surtout donner davantage de moyens aux personnels, aux surveillants et aux conseillers d'insertion et de probation. Une réinsertion est réussie quand un détenu à la fin de sa peine trouve un logement et un travail.

3) Les gouvernements préfèrent construire des prisons plutôt que proposer des peines alternatives

Vrai : en France, on manque de courage politique. On préfère construire des prisons que de s'occuper des détenus. Pendant que l'on construit des prisons, on ne donne pas de moyens aux conseillers d'insertion et de probation et aux associations d'insertion qui permettraient d'accueillir des personnes en aménagement de peines.