Faits divers – Justice

Le premier adjoint de Bobigny et son collaborateur condamnés à un stage de citoyenneté

Par Martine Bréson et Rémi Brancato, France Bleu Paris Région jeudi 21 janvier 2016 à 16:44

Palais de justice de Bobigny (Seine-Saint-Denis)
Palais de justice de Bobigny (Seine-Saint-Denis) © Radio France - Rémi Brancato

Le premier adjoint UDI de Bobigny (Seine-Saint-Denis), Christian Bartholmé, 61 ans, et son collaborateur âgé de 33 ans ont été condamnés jeudi à un stage de citoyenneté. Ils avaient fait subir un interrogatoire musclés de deux heures, à une autre élue de la ville. L'élu va faire appel.

Christian Bartholmé, 61 ans , premier adjoint de la mairie UDI de Bobigny et son bras droit âgé de 33 ans, ont été condamnés jeudi pour violences morales en réunion contre une autre élue de la ville. Ils devront faire un stage de citoyenneté et verser 10.000 euros d'indemnisations à la victime, Sabrina Saïdi. Pour l'avocat de Sabrina Saïdi, Lef Forster, "il faut souligner la dimension symbolique de ce stage de citoyenneté. Ce n'est pas une mauvaise idée pour qui prétend faire de la politique".

"C'est le caractère pédagogique de la justice" estime-t-il

Lef Forster, avocat de Sabrina Saidi au micro de Rémi Brancato

De sont côté, Christian Bartholmé juge "humiliante" cette condamnation, à propos en particulier du stage de citoyenneté. Ce jeudi soir l'élu n'a pas souhaité réagir au micro de France Bleu 107.1 mais son avocat, Adel Farès estime qu'on n'a "pas besoin de lui rappeler cela" :

"C'est comme rappeler à un boulanger comment faire du pain (...) c'est une sanction qui est faite pour l'humilier"

Adel Farès, avocat de Christian Bartholmé, avec Rémi Brancato.

L'avocat de Christian Bartholmé annonce qu'il fait appel de la décision.

Des faits qui empoisonnent la vie municipale depuis juillet 2014

Depuis la victoire surprise d'une alliance entre les centristes et des habitants des quartiers, l'affaire provoque des remous dans l'ancien bastion communiste. Le 8 juillet 2014, quatre mois après l'arrivée de la nouvelle équipe municipale, les deux hommes proches de Jean-Christophe Lagarde, le patron de l'UDI, convoquent Sabrina Saïdi qui est à cette époque maire adjointe chargée de la Petite enfance. Ils l'accusent d'avoir distribué un tract anonyme dans les boites aux lettres d'une cité de Bobigny. Ce texte reprochait à la nouvelle municipalité l'embauche d'une femme cadre municipale qui serait la compagne d'un membre du "gang des barbares" impliqué dans l'assassinat d'Ilan Halimi.

Poursuivie en diffamation, soupçonnée d'avoir distribuée ce tract, Sabrina Saïdi a été relaxée jeudi par le tribunal, qui avait réuni les deux affaires.

Sabrina Saïdi avait enregistré la rencontre

Sabrina Saïdi, qui se savait soupçonnée, avait emporté un dictaphone au moment de la convocation et elle avait enregistré l'intégralité du violent interrogatoire que lui avait fait subir les deux hommes. Elle avait été insultée et menacée. "Ferme ta gueule" ou encore "Tu crois que tu parles à qui? Ya personne qui me parle comme ça dans cette ville !" lui avaient jeté l'élu et son collaborateur. L'enregistrement avait été diffusé au cours de l'audience en septembre 2015. Le procureur avait requis la condamnation des deux hommes.

Retour sur les faits avec Rémi Brancato

Deux ans de tension

Sabrina Saïdi est sortie du tribunal soulagée d'avoir "obtenu justice après deux années de menaces et de tension". "Je ne suis pas l'auteur de ce tract, comme je le dis depuis le début" a répété Sabrina Saïdi, "mais cette fois c'est la justice qui le dit".

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