Faits divers – Justice

Le maire FN de Beaucaire à la barre du tribunal correctionnel de Nîmes

Par Ludovic Labastrou, France Bleu Gard Lozère et France Bleu jeudi 22 septembre 2016 à 21:42

Le maire de Beaucaire à la barre du tribunal
Le maire de Beaucaire à la barre du tribunal © Radio France - Ludovic Labastrou

Le tribunal correctionnel de Nîmes a examiné ce jeudi l'affaire qui oppose Julien Sanchez à six commerçants. Au nom de la préservation de la tranquillité publique, le maire frontiste de Beaucaire avait interdit l'ouverture des commerces la nuit. Une discrimination, selon les commerçants musulmans.

Plus de deux heures d'audience ce jeudi et une foule compacte devant le tribunal correctionnel de Nîmes, beaucoup de supporters du maire de Beaucaire et une présence plus discrète des opposants à Julien Sanchez.

Le maire Front national était assigné pour "entrave à l'exercice d'activité économique en raison de l'origine ou de l'ethnie" par six commerçants de confession musulmane, qui s'estimaient "discriminés" par deux arrêtés interdisant le commerce de nuit, publiés le jour même du début du ramadan.

En juillet 2015, Julien Sanchez avait pris deux arrêtés interdisant l'ouverture des magasins, essentiellement des épiceries de nuit, estimant que ces commerces étaient la source de nuisances sonores et autres rixes nocturnes.  Six des 32 commerçants du périmètre visé se sont sentis "discriminés" par le maire Front national. Après plusieurs péripéties judiciaires, l'affaire venait enfin devant la barre du tribunal ce jeudi.

Julien Sanchez clame qu'il a pris ces arrêtés au nom du trouble à l'ordre public, et rien d'autre. En janvier dernier, le tribunal avait décidé d'un complément d’enquête confié au SRPJ.

Et ses conclusions sont sans appel pour le maire de Beaucaire, selon l'avocate des parties civiles, Khadidja Aoudia. Cette dernière a réclamé 36.000 euros de dommages et intérêts pour les six commerçants :

"Les fondements de la décision du maire de Beaucaire sont manifestement mensongers. Il n'a pas le souci du vivre ensemble et de l'égalité de traitement entre ses administrés."

Maître Khadidja Aoudia - Radio France
Maître Khadidja Aoudia © Radio France - Ludovic Labastrou

Maître Khadidja Aoudia

"Le délit de discrimination n'est pas établi, seules existent les nuisances sonores. Une fois de plus, police et justice ont été instrumentalisées, comme s'il existait "un droit supérieur" à la loi." - Sylvie Josserand, l'avocate de Julien Sanchez

Maître Sylvie Josserand - Radio France
Maître Sylvie Josserand © Radio France - Ludovic Labastrou

Selon l'avocate de Julien Sanchez, les commerçants ont instrumentalisé la justice pour s'en prendre au maire de Beaucaire parce qu’il est Front national.

Maître Sylvie Josserand

Le tribunal correctionnel de Nîmes a mis sa décision en délibéré au 15 décembre.