Faits divers – Justice

Gardes à vue prolongées pour le maire de Lamalou-les-Bains et son prédécesseur

Par Elisabeth Badinier, France Bleu Hérault mardi 8 novembre 2016 à 12:23 Mis à jour le mercredi 9 novembre 2016 à 11:20

Le camping municipal de Lamalou en septembre 2014
Le camping municipal de Lamalou en septembre 2014 © Maxppp -

L'actuel maire et l'ancien maire de Lamalou-les-Bains (Hérault), Philippe Tailland et Marcel Roques, sont en garde à vue depuis mardi matin dans le cadre de l'enquête sur les inondations mortelles de septembre 2014. Quatre campeurs avaient été emportés par les eaux dans la commune.

Le 17 septembre 2014, des pluies torrentielles s'abattaient sur l'Hérault et notamment sur la commune de Lamalou-les-Bains dans l'ouest du département et la petite rivière du Biloulet sortait de son lit.

Une vague d'eau, de boue et de bois haute de 6 mètres ravageait alors le camping municipal Le Verdale, emportant tentes et campings-cars. Un drame qui avait fait quatre morts.

Depuis, le parquet de Béziers a ouvert une information judiciaire pour homicides et blessures involontaires pour comprendre les raisons de ce drame.

"Rien ne justifiait une évacuation"

Ce soir-là, le département était en alerte orange aux pluies et aux orages, et les cours d'eau étaient surveillés de très près. Le maire de Lamalou-les-Bains, Philippe Tailland (élu en mars 2014 quelques mois avant le drame) était allé en personne surveiller le niveau du Bitoulet, qui était haut. Maisselon l'édile, rien ne justifiait une évacuation du camping ou des habitations.

Quelques heures plus tard, la vague emportait tout sur son passage. "Un phénomène exceptionnel impossible à prévoir" selon le maire.

Les causes du drame sont aujourd'hui à peu près connues : des arbres et des branches se sont accumulées en amont du ruisseau, empêchant les eaux de s'écouler. C'est une sorte de barrage qui s'est formé, alimenté par les fortes pluies, un barrage naturel qui a fini par céder.

Le maire et l'ancien maire en garde à vue

Depuis de nombreuses questions se posent pour savoir notamment si le lit de la rivière avait été bien entretenu.

C'est dans le cadre de cette enquête que le maire de Lamalou-les-Bains Philippe Tailland et son prédécesseur Marcel Roques (maire de 1989 à 2014) ont été placés mardi matin en garde à vue par les gendarmes. Seraient également entendus le directeur général des services de la ville et l'ancien DGS, ainsi que le chef de la police municipale. Ils ont passé la nuit dans les locaux de la gendarmerie et pourraient être présentés à un juge jeudi matin.

Les auditions porteraient sur le fait que le camping municipal se trouvait en zone inondable. Les autorisations d'ouverture avaient été données par les instances compétentes, mais l'ancien comme le nouveau maire auraient peut-être dû prendre des mesures restrictives sur son utilisation.