Faits divers – Justice

Le maire de Nozay, l'adjoint et le directeur des services techniques témoignent au procès de deux de leurs agresseurs

Par Pascale Boucherie, France Bleu Loire Océan lundi 2 octobre 2017 à 18:49

Le maire de Nozay, Jean-Claude Provost entouré de son directeur des services techniques et de son premier adjoint, dans la salle des pas perdus au palais de justice de Nantes.
Le maire de Nozay, Jean-Claude Provost entouré de son directeur des services techniques et de son premier adjoint, dans la salle des pas perdus au palais de justice de Nantes. © Radio France - Pascale Boucherie

Le maire de Nozay, son premier adjoint et son directeur des services techniques sont venus témoigner ce lundi au procès de deux de leurs agresseurs, une jeune fille de 18 ans et un jeune homme de 19 ans, jugés en comparution immédiate au TGI de Nantes. Le jeune homme est maintenu en prison.

Les faits remontent à jeudi dernier. Au début, les représentants de la mairie sont appelés pour la dégradation d'une aubette de bus, puis tout dégénère.

Pour le maire "cette soirée a été le point d'orgue d'incivilités qui durent depuis des mois". "Ils étaient huit à dix, nous on était trois" précise l'élu." On m'a craché à la figure, y'a eu des insultes et des menaces de mort : "demain on brûle ta voiture, t'es mort" précisément.

"Nous sommes une commune de 4100 habitants habituellement extrêmement tranquille, et depuis le calme n'est pas revenu explique le maire, "les jeunes continuent de nous narguer". D'ailleurs plusieurs mineurs sont là sur le banc du public à commenter l'audience .L'adjoint vient confirmer l'agression puis c'est au tour du directeur des services techniques. Minerve autour du cou, il se déplace avec difficulté et vient dire la rage avec laquelle il a été frappé jusqu'à tituber et devoir trouver refuge dans un véhicule.Les deux prévenus reconnaissent les coups et les insultes. Une histoire lamentable commente le procureur.

On a oublié ce qu'était que le vivre ensemble"- le procureur

La jeune fille est en recherche d'emploi. Grande et athlétique elle avait jusque là un casier vierge. Sa lettre d'excuse est arrivée dans la boîte aux lettres du maire au matin de l'audience. Le jeune homme, mèches folles sur le front est intérimaire.Il y a quelques semaines il avait été condamné à deux mois de prison ferme pour vol et destruction de biens. A l'audience, il finit par présenter ses excuses. Le président remarque qu'elles arrivent un peu tard.

LES REQUISITIONS : Le procureur réclame, pour le jeune homme, 12 mois de prison dont six à huit mois assortis d'un sursis et d'une mise à l'épreuve. Et pour la jeune femme : quatre mois de prison dont un mois avec suris.

LES PEINES : Le tribunal les reconnaît tous les deux coupables et condamne le jeune homme à huit mois de prison dont six mois assortis d'une mise à l'épreuve de deux ans et ordonne le maintien en détention. La jeune fille, elle, est condamnée à quatre mois de prison avec sursis assortis d'un travail d'intérêt général de 180 heures.