Faits divers – Justice

Le maire de Ouistreham ne veut pas que sa ville devienne un "nouveau Calais"

Par Nolwenn Le Jeune, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) mercredi 13 septembre 2017 à 18:42

Le maire LR de Ouistréham Romain Bail s'estime abandonné par l'Etat dans la gestion des migrants.
Le maire LR de Ouistréham Romain Bail s'estime abandonné par l'Etat dans la gestion des migrants. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

"Ouistréham ne doit pas devenir le nouveau Calais". La mise en garde est du maire LR Romain Bail. Il tire la sonnette d'alarme face à la pression migratoire de plus en plus forte ces derniers mois. Et il estime que l'Etat ne l'aide pas. Faux, répondent la justice et la préfecture du Calvados.

La situation ne peut plus durer dénonce Romain Bail, qui en appelle au Premier Ministre. L'agression d'une fillette lundi soir par un jeune migrant soudanais a mis le feu aux poudres selon lui. Le procureur de Caen indique que ces faits, qualifiés de violences, ont été punis. Quant aux services préfectoraux, ils indiquent que tout est mis en oeuvre pour faire face à la pression migratoire à Ouistréham.

La gare maritime de Ouistréham est le lieu où les migrants tentent d'embarquer sur le ferry - Radio France
La gare maritime de Ouistréham est le lieu où les migrants tentent d'embarquer sur le ferry © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Une cinquantaine de migrants présents à Ouistréham

C'est incontestable, la situation a changé à Ouistréham ces derniers mois. Avec la présence en journée et en centre ville de jeunes hommes de nationalité soudanaise. Ce qui n'était pas le cas auparavant. Des migrants d'autres nationalités (syriens, albanais, pakistanais, ...) tentaient le passage de nuit et retournaient passer la journée à Caen. Mais le démantelement de filières et l'arrestation de passeurs ont changé la donne. Le maire LR Romain Bail confie que depuis cet été, il doit faire face à des récriminations de plus en plus importantes et "agressives" de la part de certains administrés, face à la présence de ces migrants

Une fillette agressée verbalement par un migrant

Lundi soir, le maire a vu rouge quand une fillette de 11 ans a été agressée verbalement par un jeune mineur soudanais. "Aucun contact physique", précise le procureur de Caen, Carole Etienne, qui ajoute que "les faits ont quand même été qualifiés de violences, étant donné le traumatisme causé chez l'enfant". Le jeune homme a fait l'objet d'un rappel à la loi et a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance du département.

Mais pour Romain Bail, la situation ne peut plus durer. Il s'estime abandonné par les pouvoirs publics. Faux répond la justice, qui indique travailler d'arrache pied pour démanteler les filières et sanctionner ceux qui tentent de passer. Faux répond également le cabinet du préfet, qui rappelle que les effectifs des forces de l'ordre ont été renforcés depuis 2016 et que des travaux de sécurisation de la gare maritime se poursuivent avec désormais l'aide financière de la Grande Bretagne.