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Faits divers – Justice

Le maire de Saint-Jean-de-Maurienne fait condamner pour "outrage" l'entraîneur du club de foot

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Par , France Bleu Pays de Savoie

En Savoie, l'entraîneur estimait que les élus locaux lâchaient son club. Il l'a dit vertement en assemblée générale. Deux ans après, il est condamné pour "outrage" contre le maire Pierre-Marie Charvoz.

L'équipe phare entraînée par Nicolas Falcoz
L'équipe phare entraînée par Nicolas Falcoz - Phil Rivière

Saint-Jean-de-Maurienne, France

A quelques mois des élections municipales, le premier magistrat de Saint-Jean-de-Maurienne a obtenu la condamnation du coach de l'équipe phare de la Maurienne, le Club Athlétique Maurienne football. 

Ce lundi, le tribunal correctionnel d'Albertville a sanctionné Nicolas Falcoz par une amende de 300 euros, 150 euros de préjudice moral à verser au maire et 400 euros de frais d'avocat. En cause, des propos tenus lors d'une assemblée générale du club le 19 juin 2017. Le tribunal estime qu'il est coupable d' "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique".

Un club de foot qui vit mal une forme de désamour

Au début des années 2000, l'argent coule à flot au sein du club de la Maurienne. Sous la présidence de Christophe Josse , le journaliste sportif passionné, le C.A.M. se fait une belle réputation. Jimmy Cabot, qui évolue aujourd'hui à Lorient en ligue 2, y fait ses premières armes.  Le budget est conséquent. La municipalité généreuse verse jusqu'à 50.000 euros de subvention. 

Arrivé au club à l'âge de 15 ans, Nicolas Falcoz y est embauché en 2012 en CDI comme entraîneur principal.

Petit à petit, le nouveau maire Pierre-Marie Charvoz réduit la voilure. Et la subvention baisse à vitesse grand V pour atteindre 5. 600 euros, divisée quasiment par neuf. Le C.A.M. est en chute libre, il passe de 300 licenciés à une centaine (il est remonté à 200 cette saison).  En 2014, Nicolas Falcoz perd son boulot au club : "licenciement économique". 

La goutte d'eau qui le fait exploser, c'est en 2017, lors de l'inauguration d'un terrain synthétique où le rugby et l'athlétisme sont invités, mais pas le foot, estiment les dirigeants très amers. Ce désamour va décupler la frustration et la colère de l'éducateur. 

Lors de l'assemblée générale, à laquelle le maire n'assiste pas, Nicolas Falcoz remet en cause la probité et la compétence des élus de Saint-Jean-de-Maurienne, avec des mots très directs, avant d'employer une expression salée que n'aurait pas reniée Nicolas Anelka à l'adresse de Raymond Domenech. La sortie est rapportée quelques jours plus tard dans le Dauphiné Libéré. Le maire porte plainte. 

"La passion a dépassé la raison"

Jean-Paul Chaix, le président du CAM football,  "regrette" aujourd'hui ces propos, mais ils traduisent selon lui "le manque d'intérêt des élus pour l'investissement dans les petits clubs." Et il conserve son soutien à son coach "un gagnard, un passionné".

Le président-bénévole estime qu'on aurait pu régler les choses sans procès. Il y a bien eu une médiation proposée par la justice, mais, selon le C.A.M. , le maire réclamait "une somme exorbitante" - 1.500 euros de frais d'avocat et 3.000 euros de dommages et intérêt que le maire entendait reverser à des associations ! Le club a refusé la transaction et a préféré aller au procès où finalement les sanctions financières ont été bien moindres. 

Quant à Nicolas Falcoz, il déplore la forme. "C'est une guéguerre de clocher. Je me suis excusé. Le but n'était pas de blesser monsieur le maire. La passion a dépassé la raison. Je ne visais pas l'homme, le maire, à qui d'ailleurs j'ai serré la main avant le procès. J'ai voulu jeter un pavé dans la mare, j'ai parlé pour sauver un club qui risque de mourir sans le soutien de tous. On est le seul club de niveau Régionale 3 avec un entraîneur qui ne reçoit aucune indemnité". 

Aujourd'hui auto-entrepreneur dans le domaine sportif, ce papa de cinq enfants, titulaire d'un brevet d'entraîneur amateur, âgé de 36 ans, continue à encadrer bénévolement l'équipe sénior. Un sacerdoce qui fait l'admiration de tous. Deux entraînements collectifs par semaine, coaching le jour des matchs, à quoi il faut ajouter des entraînements individuels le matin dans la semaine. Gratuitement. Pour l'amour du C..A.M. et du ballon rond.  

► Nicolas Falcoz attend du soutien populaire pour le match de dimanche. Le sixième tour de la coupe de France à 14 h 30 au stade Pierre Rey, le C.A.M. affronte le FC Limonest qui évolue en haut de tableau dans la division supérieure. Match à priori inégal, mais avec l'esprit de la Coupe de France, tout est possible. 

► Nous avons cherché à joindre Pierre-Marie Charvoz ce mardi, après connaissance du jugement. En vain. 

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