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Le maire du Barcarès mis en examen et placé sous contrôle judiciaire dans une affaire d'extorsion

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Vice-président de la communauté urbaine de Perpignan et candidat aux élections départementales, Alain Ferrand a été mis en examen ce jeudi, notamment pour extorsion en bande organisée. Contrairement aux réquisitions du Parquet, le maire du Barcarès n'a pas été placé en détention provisoire.

Alain Ferrand, en mars 2020, lors du premier tour des municipales au Barcarès
Alain Ferrand, en mars 2020, lors du premier tour des municipales au Barcarès © Maxppp - Nicolas Parent

À l'issue de 48 heures de garde à vue, le maire du Barcarès a été mis en examen pour extorsion en bande organisée, concussion et complicité de destruction de preuves. L'élu de 61 ans a été remis en liberté sous contrôle judiciaire et continuera d'exercer ses mandats, selon son avocat Jean-Robert Nguyen Phung. Le Parquet avait requis son placement en détention provisoire, mais n'a pas été suivi par le juge des libertés (JLD). 

Quant au premier adjoint en charge de l'urbanisme, il est également mis en examen pour extorsion en bande organisée et concussion, et placé sous contrôle judiciaire. 

Selon le Parquet de Marseille, "les faits, commis sur la période 2015-2020  ont consisté à faire usage de la contrainte pour, d'une part, recouvrer auprès d'exploitants de campings des droits et taxes indus pour financer des travaux de voirie et d'autre part, imposer à des commerçants la location de parasols auprès de la mairie."

Egalement interpellés mardi, trois agents municipaux avaient été relâchés 24 heures plus tard, sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux. Des perquisitions menées à l'Hôtel de Ville ont permis de saisir divers documents, du matériel informatique et téléphonique.

Soupçons d'extorsion sur des commerçants 

En charge des investigations depuis 2020, les enquêteurs soupçonnent le maire du Barcarès d'avoir imposé des taxes illégales à des commerçants et des gérants de camping, pendant une période de 6 ans. Pour Me Sylvain Donneve, l'avocat de plusieurs plaignants, ses clients aurait subi des pressions et du chantage : "Au motif qu'ils font des profits pendant les saisons touristiques, on leur demande de contribuer aux finances de la commune. Il s'agit de plusieurs dizaines de milliers d'euros, quasiment 100.000 euros par an, par exemple, pour l'un des commerçants que je défends.

Représentant local de l'association Anticor, Didier Melmoux raconte avoir reçu plusieurs témoignages de commerçants. "Par exemple, on leur demande de payer un supplément au titre des animations dans la commune, sinon leur terrasse est retirée. Ce sont des menaces commerciales. C'est une sorte de racket, c'est assez courant et ça ne date pas d'hier."

Un casier judiciaire déjà bien fourni

Figure de la droite dans les Pyrénées-Orientales, le maire du Barcarès a déjà été condamné plusieurs reprises par la justice. Elu pour la première fois en 1995, Alain Ferrand et sa femme Joëlle se sont succédé à l'hôtel de ville, au gré des inéligibilités de l'un et de l'autre.

  • Février 1999 : il est condamné pour abus de biens sociaux dans la gestion de plusieurs casinos. Il écope de 3 ans de prison avec sursis, 300.000 euros d'amende et 3 ans d'inéligibilité. Ce qui l'oblige à quitter la mairie, au profit de son épouse.
  • Juin 1999 : deux ans de prison avec sursis pour prise illégale d'intérêt. Alain Ferrand avait touché des commissions illégales sur un placement financier de la Semeta, une société d'économie mixte dépendant de la commune
  • Mars 2001 : 18 mois de prison (dont 15 avec sursis) pour fraude fiscale

Régulièrement inquiété par la justice au cours de la dernière décennies, Alain Ferrand a été réélu dès le premier tour lors des élections municipales de 2020. Cette fois-ci, son épouse se présentait contre lui.

Numéro 2 de l'agglo de Perpignan

Âgé de 61 ans, Alain Ferrand est aussi le premier vice-président de la communauté urbaine de Perpignan, qui regroupe 36 communes et plus de 250.000 habitants dans la Plaine du Roussillon. Il y est à la tête d'une vaste délégation comprenant le tourisme, l'économie et les grands événements. Candidat à la présidence, il avait recueilli 18 voix (sur 88) lors du premier tour en juillet 2020, avant de se désister en faveur du maire de Saint-Estève Robert Vila, futur vainqueur face à Louis Aliot.

Alain Ferrand est également vice-président du parc naturel marin du golfe du lion. 

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