Le marais audomarois toujours vigilant après la vague de vols de moteurs de bateaux
Depuis le début de l'année, une cinquantaine de propriétaires de bateaux, professionnels mais surtout particuliers, ont été dépouillés du moteur de leurs bateaux dans le secteur du marais audomarois. Des arrestations ont permis un quasi arrêt des vols, mais la gendarmerie appelle à rester vigilant.

Alors que les tentatives de traversée de la Manche se multiplient, trente quatre réfugiés ont été récupérés en mer hier par les gardes côtes, dont 20 au large de Dunkerque, et 14 au niveau d'Hardelot-Plage. Ces derniers mois, un phénomène s'est répandu dans le Pas-de-Calais : le vol de moteurs de bateaux et Zodiac. Derrière ces larcins bien souvent : des passeurs de réfugiés. Ils s'emparent des appareils pour équiper les radeaux de fortunes de ceux qui tentent la traversée. On pourrait penser que cela ne concerne que la côte mais les voleurs s'en éloignent vers les terres petit à petit.
Un vivier dans le marais audomarois
Dès le Printemps, un nouveau secteur a été la cible des réseaux de passeurs : le marais audormois. Un lieu où on trouve des embarcations en pagaille, auprès de professionnels mais surtout de particuliers, ce qui en font des cibles faciles. Olivier, propriétaire d'Au Bon Accueil à Salperwick en a fait les frais.
"La première nuit, ils ont volé un moteur d'un particulier qui laisse son bateau devant mon établissement. La deuxième nuit, le mien, que je loue au facteur de Saint-Omer. C'est le seul facteur de France à faire sa tournée en barque", raconte Olivier. Les malfrats ont opéré de nuit, en tout discrétion et en évitant même d'être pris par le système de vidéosurveillance.
Jusqu'à ce vol, le moteur est attaché avec un simple cadenas. Désormais, celui qu'il a installé en remplacement, est enlevé "tous les soirs" pour éviter que cela ne recommence. Il a porté plainte, mais rien ne s'est passé depuis.
Une dizaine d'arrestations
Une cinquantaine de vols ont été constatés depuis le début de l'année dans le secteur. Les enquêtes et police et de gendarmerie ont permis l'interpellation d'une dizaine d'individus. Derrière ces vols, les réseaux de passeurs de migrants en Manche sont facilement identifiés. "Ils volent les moteurs ici, ils les remontent vers Calais et les équipes sur des bateaux mis à disposition des migrants qui traversent vers l'Angleterre", explique le capitaine Arnaud Gavois, adjoint au commandant de compagnie de Saint Omer.
Ces petits moteurs sont parfaits pour cette navigation tranquille sur le marais, mais pas pour des trajets plus ambitieux, comme le déplore le capitaine Gavois : "ils ont une obligation de moyen, pas de résultat. Ils doivent fournir un moteur aux gens qui payent pour la traversée, ils ne s'occupent pas de savoir s'ils vont arriver ou pas." Les plus chanceux verront leur moteur tomber en panne au large de la côte française, les autres pourront perdre la vie en pleine mer faute de moteur adapté à une traversée.
Un phénomène en baisse
Pour l'instant, les interpellations réalisées par les forces de l'ordre ont permis la quasi mise à l'arrêt du phénomène. Plusieurs comparutions devant la justice doivent avoir lieu en fin d'année et en début d'année prochaine. les voleurs risquent des peines de prison. Mais les forces de l'ordre craignent que ce ne soit que temporaire. Les passeurs ont toujours besoin de moteurs et peuvent décider de changer de secteur pour se fournir.
Pour éviter que ces vols ne se répètent, de la prévention a été faite sur le secteur du marais auprès des propriétaires de bateaux à moteur thermique. Le capitaine Gavois : "la solution optimale serait de rentrer les moteurs ou de mettre à l'abri les bateaux, ce serait le plus efficace. Nous appelons les propriétaires de bateaux afin d'enregistrer les informations sur leur moteur et l'embarcation, pour qu'en cas de vol, on puisse identifier rapidement les propriétaires victimes".